vendredi 16 novembre 2018

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La 5ème symphonie de Medfel

Pour sa cinquième édition, Medfel, le rendez-vous du commerce des fruits et légumes de la Méditerranée a tenu toutes ses promesses. Une fréquentation en hausse (+ 20 %), la présence d’un membre du gouvernement, d’un représentant de la Commission européenne et d’un ambassadeur, la participation nouvelle de la Turquie, l’organisation de plus de 4000 rendez-vous d’affaires suffisent à démontrer que cette manifestation a trouvé sa place dans le concert européen des rencontres consacrées aux f&l. Les Français aussi ont, enfin, pris conscience de l’importance d’un tel rendez-vous sur le territoire national. En témoigne notamment la présence renforcée des entreprises, de dirigeants nationaux ou encore l’organisation de l’AG de la Gefel.

Renforcer les relations franco-égyptienne

« Je suis convaincu que les relations commerciales entre l’Egypte et la France ne sont pas à la hauteur des relations historiques et culturelles entre nos deux pays » a déclaré Mohamad Mostapha Kamal, ambassadeur d’Egypte en France. « L’air de la Méditerranée souffle dans nos pays des deux cotés de la mer. Que Medfel 2013 encourage la relation Egypte-France » a-t-il conclu.

Pour Christian Bourquin, Medfel doit être une capitale commerciale

« Le 1/3 des volumes de fruits et légumes commercialisés au monde vient du pourtour de la Méditerranée » a expliqué Christian Bourquin. Fort de ce constat, le président du conseil régional Languedoc-Roussillon fait part de son ambition : que Medfel soit « la capitale commerciale de ces transactions ».

L’avertissement de Bourquin aux coop du Roussillon

Christian Bourquin a profité de son discours inaugural pour s’adresser « à la petite dizaine » de coopératives de fruits et légumes du Roussillon. Il faut que « cesse les bagarres inutiles » a-t-il annoncé. « De grâce, ne vous piquez pas les producteurs entre vous ». Au contraire, le président du Conseil régional appelle à l’unité. « Je le dis à la chambre d’Agriculture : il faut que l’on soit uni. » Avant de conclure : « si cela ne se règle pas, j’interviendrais pour que cela se fasse ». Une coopérative avertie…

Guillaume Garot « impressionné » par Medfel

Pour la première fois en 5 ans, Medfel a été inauguré par un ministre. C’est Guillaume Garot, ministre délégué à l’agroalimentaire qui est venu à la rencontre de la manifestation. Et il a été manifestement séduit. « Nous sommes sous le signe de la réussite de la France » a déclaré le ministre qui s’est avoué « impressionné par ce qui se dégage » autour de Medfel qui « avant d’être un lieu de commerce, est un lieu de culture ». Et s’adressant aux entreprises françaises : « la responsabilité de l’Etat est de vous simplifier la vie, de vous aider ». Il faut « donner à nos entreprises tous les outils pour aller vers les marchés émergents. « Nous exportons 30 % des kiwis que nous produisons, plus de 40 % des pommes. Nous devons et nous pouvons faire mieux » a-t-il conclu.

Débat serré sur les fruits et légumes et la Pac

En pleine période de négociation de la Pac (cf. notre bloc-notes du 22 avril), Medfel se devait de consacrer une conférence au thème de la place des fruits et légumes dans la future politique agricole commune. Bruxelles avait envoyé un de ses plus haut fonctionnaire en la personne de Hermanus Versteijlen, directeur «Economie des marchés agricoles et OCM ». Il a été invité à dialoguer avec Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France et Bernard Cardinaud, directeur de Felcoop. « L’objectif de la réforme est de faciliter la concentration de l’offre » a-t-il expliqué. Avant de reconnaître que la Commission réfléchie « à une forme d’organisation de producteurs (OP) un peu plus légère ». « J’admets que cela peu déstabiliser » reconnaît-il. « On ne veut pas affaiblir les OP, mais nous voulons faire un signe aux non organisés. Nous voulons mettre un peu de flexibilité ». Et c’est bien sur ce point que le débat trouve son point de crispation. « Les critères de reconnaissance (prévus par la réforme) sont un peu légers » estime Bernard Cardinaud. Les coopératives de f&l demandent «  des critères de reconnaissance stricts pour les OP fruits et légumes, sinon, il y a un risque de déstructuration ». Le propos de Jacques Rouchaussé est plus nuancé. « Il faut conforter et consolider les OP, reconnaît-il. Mais il faut également pouvoir intégrer les producteurs qui ne sont pas dans les bassins de productions sans déstructurer les autres OP ».