A l’occasion du salon de l’agriculture de la Martinique qui ouvrait ses portes le 15 novembre, les producteurs de bananes des Antilles françaises (regroupés au sein de l’UGPBAN) ont publié un communiqué dans la presse locale. Sous le titre « Agriculture en danger, banane en danger », l’UGPBAN veut alerter les pouvoirs publics français et européens.

« Les producteurs de bananes des Antilles font face au plus grand défi de leur histoire : lutter contre la cercosporiose noire, une maladie qui a décimé l’ensemble de la production de bananes de la Caraïbe » écrit l’UGPBAN. De plus, les planteurs doivent combattre cette maladie « avec très peu de molécules actives (.) et sans utiliser les traitements aériens ». L’Union des groupements de planteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique explique que ses adhérents engagent des moyens conséquents qui nécessitent de lourds investissements : « investissements dans des machines terrestres, embauche de main-d’oeuvre pour traiter les feuilles malades du bananier depuis le sol, espacement des bananiers et effeuillage intensif et permanent pour limiter la propagation de la maladie, redéfinition et multiplication des chemins de pénétration dans les plantations pour permettre aux engins de traitement de passer, poursuite de la recherche variétale, relocalisation de certaines plantations sur des terrains plus propices au traitement terrestre, etc ». Mais au-delà de cette question, déterminante, de la lutte contre la cercosporiose noire, les planteurs s’inquiètent de la détermination des pouvoirs publics français et communautaires à soutenir la production de bananes aux Antilles françaises. « Profiter de cette situation très complexe qui met notre filière au bord de la crise la plus grave de son histoire pour venir réduire le soutien public à la banane serait une faute majeure » écrivent-ils. La cause de cette inquiétude ? La réponse du ministère de l’Agriculture (DG Agri) à la Commission européenne sur la révision du Posei. Dans ce document, la France propose de « repenser le système actuel » d’aides aux productions d’exportation (banane et canne à sucre) pour le « réorienter progressivement (.) au profit des besoins des filières de diversification ». Les planteurs s’inquiètent par ailleurs du sort fait à l’agriculture ultra-marine dans le cadre de la loi d’avenir agricole. Même s’ils ont obtenus le soutien des députés qui ont adopté le texte proposé par la délégation des Outre-mer à l’Assemblée nationale. Dans le texte qu’ils ont voté, les parlementaires demandent de ne pas opposer les filières exportatrices aux filières de diversification. Le communiqué de l’UGPBAN se termine ainsi : « Après nous avoir privés, au fil des ans, de matières actives efficaces, puis de moyens de lutte adaptés, les pouvoirs publics nationaux et communautaires ne peuvent pas considérer que nous arriverons à maintenir les plus de 10 000 emplois de cette filière si maintenant ils réduisaient nos financements ».

Notons enfin qu’Eric de Lucy, président de l’UGPBAN, doit être reçu ce vendredi 22 novembre par le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel.