16 ministres, 8 hommes, 8 femmes, pas un de plus, pas un de moins. Avec en prime la parité parfaite. Voilà le nouveau gouvernement dirigé par Manuel Valls.

Bon, ça, c’est sur le papier. La semaine prochaine, il y aura la nomination des ministres délégués, des secrétaires d’Etat : gageons que cela finira comme d’habitude. En attendant, Stéphane Le Foll, qui n’était plus le candidat de la FNSEA, contrairement à 2012, conserve l’Agriculture et hérite en prime de la fonction de porte-parole du gouvernement. C’est la première fois sous la V° République que le locataire de l’hôtel de Villeroy occupera cette fonction. Preuve que Le Foll sera davantage un ministre « politique » qu’un ministre « technique ». Xavier Beulin qui souhaitait la seconde solution et qui avait confié la semaine dernière que son candidat était Didier Guillaume, sénateur (PS) et président du Conseil général de la Drôme, accuse ainsi une double déception. Avantage en revanche d’un gouvernement « resserré », l’Agriculture remonte mécaniquement au sein de la hiérarchie gouvernementale. Dans le gouvernement sortant, elle était en 16° position, elle ne pouvait donc pas faire pire : elle occupe désormais la… 14° place, derrière la Culture (13 °),  les Droits des femmes (11°) ou l’Ecologie (2°), mais devant le Logement et l’Outre-Mer. L’Outre-Mer en dernière position, c’est aussi une première, de pas très bon augure pour les territoires ultra-marins. A l’occasion de la passation des pouvoirs entre Victorin Lurel et George Pau-Langevin, le ministre sortant a clairement indiqué qu’il avait lui-même choisi de partir, et il a laissé entendre qu’il avait également fortement suggéré le nom de son successeur. Lurel voulait rentrer en Guadeloupe, récupérer son fauteuil de député et probablement la présidence de la Région, afin de préparer les prochaines élections régionales. Enfin, l’Ecologie passe de la 10° à la 2° place, sans que personne ne soit capable d’expliquer si c’est le ministère ou la ministre qui est promu…