lundi 19 novembre 2018

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Spécial élections européennes

L’Europe n’a jamais été aussi indispensable, et jamais aussi impopulaire

La campagne pour les 8 èmes élections européennes a officiellement démarré, dans une indifférence générale. Le point sur les enjeux, les candidats, la situation politique, les sondages,…

88 % des agriculteurs ont l’intention d’aller voter

Si les Français semblent se désintéresser des élections européennes (le taux de participation, selon les sondages, se situeraient autour de 40 %, un plus bas historique), ce n’est pas le cas des agriculteurs. Selon le baromètre Terre-net BVA, 88 % des agriculteurs ont l’intention d’aller voter le 25 mai. Mais ce très bon score ne vaut pas un chèque en blanc pour les institutions de Bruxelles et les politiques communautaires. Selon la même enquête, 43 % des agriculteurs se disent favorables « à une renationalisation de la Pac ». Bref, les agriculteurs devraient aller massivement voter, mais pour qui ?

Le monde agricole pourrait compter sur une demi-douzaine de députés

Les listes sont désormais déposées. Nous avons déjà évoqué quelques noms dans de précédents blogs. Il semble que le monde agricole pourrait avoir un nombre convenable de défenseurs dans le futur Parlement européen. A l’UMP, il pourra compter sur Angélique Delahaye, ancienne présidente de Légumes de France, et actuelle présidente de Solaal et d’Aprifel. Elle est numéro 2 sur la liste UMP de la circonscription Massif-Central Centre. Toujours à l’UMP, Michel Dantin, membre sortant de la Commission agricole de l’actuel PE, devrait être élu dans le Sud-Est où il est en 3ème position. Egalement membre sortante de la Commission, Agnès Le Brun n’est que 4ème dans l’Ouest. Enfin, l’ancienne collaboratrice de Joseph Daul, Anne Sander est troisième dans l’Est. Notons que Christiane Pieters, vice-présidente de la Chambre d’agriculture du Gers et présidente de l’Association nationale interprofessionnelle de l’ail (Aniail) est en 9° position dans le Sud-Ouest. Au PS, nous n’avons relevé que la présence d’Eric Andrieu, membre sortant de la Commission, n°2 dans le Sud-Ouest. Vice-président de la Commission agricole, José Bové, dont le travail a été salué par de nombreux responsables agricoles français, est tête de liste Europe Ecologie dans le Sud-Ouest. Chez les centristes (listes UDI-Modem), on relève la présence d’Hervé Prononce, n°2 sur la liste du Massif-Central Centre. Il est agriculteur (céréalier) dans le Puy-de-Dôme, et maire de sa commune de Le Cendre. Enfin, moins bonne nouvelle pour les agriculteurs, François Veillerette président de Générations Futures,  est n° 2 de la liste Europe Ecologie dans le Nord-Ouest.

Quel Parlement le 25 mai ?

Le Wall Street Journal a publié récemment une estimation de la configuration du futur Parlement européen. Aucun des deux grands partis n’aurait la majorité absolue. Victime de la poussée des eurosceptiques, le Parti populaire européen (PPE) perdrait 58 sièges, mais resterait le premier groupe avec 216 élus. Toujours à droite, les conservateurs auraient 39 élus (-18) et les libéraux 39 (+8). Les non-inscrits, où sont comptabilisés les parti d’extrême-droite, gagneraient 66 sièges et auraient 99 députés.  Les centristes perdraient 20 sièges et auraient 63 députés. A gauche, le groupe du Parti socialiste européen gagnerait 10 sièges avec 205 élus. Les Verts seraient en recul avec 41 élus (-17). La gauche non socialiste (dont le Front de gauche) gagnerait 14 élus avec 49 députés. Si ces résultats se confirment, il ne devrait pas être difficile de trouver une majorité. En revanche, jamais les eurosceptiques (de droite comme de gauche) n’auront été aussi puissants.

Quel visage pour la délégation française ?

Ce même sondage du Wall Street Journal s’est risqué au jeu des projections par pays. L’UMP obtiendrait 20 élus (-10), le PS 14 (+1), les Verts 6 (-10), l’Udi-Modem 6 (stable), les Libéraux 1 (stable) et les « non-inscrits » (FN) 22 élus (+19). L’hebdomadaire Valeurs actuelles (10 avril) a également fait une simulation de la répartition des sièges. Sur cette base, l’UMP aurait 23 sièges, le FN 19, le PS 17, les Verts 5, l’Udi-Modem 5 et le Front de gauche 5.