On peut être grand bâtisseur et médiocre pronostiqueur

Le marché de Rungis célèbre cette année les 45 ans de la déchirante mais salvatrice migration des « Halles de Paris » vers la périphérie parisienne. Libert Bou, l’implacable organisateur du  « déménagement du siècle » de 1969, a porté le projet pendant 15 ans, bien avant et bien après l’implantation du marché au sud de l’agglomération de la capitale. Son intuition générale sur l’évolution du commerce alimentaire était la bonne, mais ses prévisions de l’époque ne se sont pas toutes avérées exactes. Le « créateur » de la Semmaris estimait en 1970 que Rungis réceptionnerait 20 ans plus tard « plus de 2,5 millions de tonnes de marchandises à Rungis et à la Villette (le marché aux viandes transféré depuis sur le Min) ». En fait, les volumes transitant par le marché ont stagné depuis le déménagement des Halles, autour de 1,4 millions de tonne. De là à dire que l’on n’aurait pas dû s’en aller des Halles, il y a évidemment plus qu’un pas.