A deux reprises la semaine dernière, Stéphane Le Foll a reçu les représentants des producteurs de fruits et légumes. Deux rendez-vous programmés avant les incidents de Morlaix dans la nuit du 19 au 20 septembre.

Vendredi 26 septembre, ce sont les représentants nationaux qui ont pris le chemin de la rue de Varenne : FNSEA, Légumes de France, FNPF, Coordination rurale, Confédération paysanne, Interfel, CNIPT, Felcoop, Gefel, tout le monde était présent. L’ambiance était « lourde » a confié Xavier Beulin. « Il y a peu de filière agricole qui résiste, a-t-il ajouté. Il y a une très grande lassitude, beaucoup de désarroi, beaucoup de désespoir dans les campagnes ». Le président de la FNSEA a souligné « la crise majeure que traverse le secteur des fruits et légumes, une crise européenne renforcée par l’embargo russe ». « La Commission européenne ne peut pas se satisfaire de la réponse qu’elle a apporté » a-t-il ajouté en demandant que les aides débloquées soient adaptées à la situation de chaque pays (coût de production, coût du travail, …). « Nous allons agir sur le court terme » a déclaré Stéphane Le Foll a l’issue de cette réunion. Il a annoncé avoir écrit au Commissaire Ciolos pour demander des ajustements au niveau communautaire : étendre la liste des produits éligibles et simplifier le dispositif de soutien financier en utilisant le cadre des programmes opérationnels des organisations de producteurs pour que les mesures de soutien de marché (retrait, destruction des surplus, dons aux associations caritative, promotion et recherche de nouveaux marchés) soient les plus efficaces possibles. La France va également demander un co-financement des actions de promotion au-delà de 50 %. Ces propositions devraient être discutées à l’occasion du conseil informel de l’Agriculture qui se tient aujourd’hui lundi et demain mardi à Milan. Stéphane Le Foll a par ailleurs confirmé les mesures d’allègement des charges sociales, fiscales et bancaires annoncées quelques jours plutôt aux représentants des légumiers bretons. Enfin, il a confirmé le maintien du dispositif TODE (allègement des charges pour l’emploi des saisonniers). Couplé avec le CICE, cela permettra « une exonération quasi totale dès 2015 des charges patronales sur les salaires jusqu’à 1,25 Smic brut » indique le ministère.

Pour les participants à cette rencontre, ces mesures vont dans le bon sens et devraient permettre aux entreprises de retrouver un peu de marge au niveau de la trésorerie. « Ce qu’il y a de positif, c’est que tout le monde, préfets, banques, impôts,… est mobilisé. Cela devrait permettre d’avoir des résultats » nous a-t-on confié.