L’embargo russe tombe à un moment où l’agriculture française doit affronter de nombreuses difficultés. Céréales, viandes, fruits et légumes, prix, relations avec la distribution, … la liste est longue. « Beaucoup de clignotants sont en train de passer au rouge. Tous les maillons de la chaîne alimentaire souffrent » a déclaré Philippe Mangin, président de Coop de France. Evoquant plus précisément les relations avec la grande distribution, il a demandé la réunion d’un « Grenelle de l’alimentation » après avoir dénoncé la « spirale de la baisse des prix ». « Rien n’a changé depuis la réunion du mois de juillet » à Bercy. « Ce n’est pas sérieux ». Pour Guy Vasseur, président des Chambres d’agriculture, la rentrée est « difficile, sur un fond de tensions internationales ». Concernant l’embargo proprement dit, les organisations professionnelles ont été reçues le 3 septembre par Stéphane Le Foll. Il faut  « être le plus concret et le plus efficace possible » a déclaré Xavier Beulin à cette occasion. Le président de la FNSEA demande aux autorités nationales et européennes d’ « user de tous les leviers » pour soutenir l’agriculture : promotion du Made in France, recherche de nouveaux marchés,… Les organisations agricoles demandent également que les soutiens financiers européens ne soient pas prélevés sur le budget de la Pac. Ils ont peut-être été entendus. Au cours d’un conseil qui s’est tenu le 5 septembre, les ministres de l’agriculture européens ont décidé d’évaluer la possibilité de chercher hors du budget de la Pac une partie des soutiens financiers. Cette possibilité sera étudiée à l’occasion d’une réunion informelle qui doit se tenir du 26 au 30 septembre à Milan. Coté français, une rencontre entre le ministère, FranceAgriMer et les interprofessions doit se tenir d’ici début octobre.