Dans une lettre rectificative, la Commission européenne a décidé de réduire le prochain budget de la Pac et de ne pas envisager de crédits additionnels pour atténuer les conséquences de l’embargo russe.

La Commission européenne a adopté le 15 octobre une lettre rectificative au projet de budget général 2015. Dans cette lettre, la Commission décide notamment de réduire le budget de la PAC, en opérant un transfert de 447,9 millions d’euros vers d’autres politiques européennes. Quant aux conséquences de l’embargo russe, elles doivent être financées par un fonds de crise alimenté par une diminution des aides directes agricoles versées aux agriculteurs en 2015. Ce qui revient à faire financer les conséquences de la crise en 2014 par le budget 2015. « Il ne resterait au secteur agricole que 88 millions d’euros pour faire face à la crise en 2015 » constate Xavier Beulin dans une lettre à Jean Arthuis, président de la Commission des budgets au Parlement européen. « Il n’y a pas de raison que seuls les fonds agricoles européens soient mobilisés pour faire face aux conséquences d’une décision géopolitique européenne » ajoute-t-il. La FNSEA demande que, pour faire face aux conséquences de l’embargo russe, soient mobilisés d’autres sources de financement que la Pac. Des parlementaires européens sont également montés au créneau sur cette question à l’occasion du débat sur le budget le 21 octobre. « Pour Michel Dantin (PPE-France) « peut-on faire payer aux agriculteurs – et aux seuls agriculteurs – l’embargo russe et leur demander, l’année prochaine, de payer une quatrième fois en leur imposant une nouvelle baisse des aides directes? Cela est injuste et inacceptable ». « Nous allons pénaliser deux fois les agriculteurs: une fois à cause des conséquences de l’embargo russe et une seconde fois à cause de la diminution des aides directes l’année suivante » ajoute Angélique Delahaye (PPE-France).

Categorie: Le dossier de la semaine