dimanche 18 novembre 2018

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Légumes de France : la représentante du ministre ne convainc pas

C’est Catherine Geslain-Lanéelle, directrice de la DGPAAT (direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires) qui représentait Stéphane Le Foll au congrès de Légumes de France qui se tenait la semaine dernière à Lamotte-Beuvron (41). Dans un contexte difficile (crise, embargo, promotion, CTIFL), elle a eu du mal à convaincre un auditoire remonté.

« Le bilan de notre secteur est catastrophique sur le plan économique » a déclaré d’emblée Jacques Rouchaussé, président des producteurs de Légumes de France. Il a évoqué les causes de cette situation : baisse de la consommation en été qui ne s’est pas accompagnée par une hausse des prix et mise en place de l’embargo russe. Jacques Rouchaussé a dénoncé « l’inaction du ministère » depuis le dépôt en février dernier du plan stratégique filière : « au mieux, il n’a rien fait. Au pire, il a pris des mesures qui vont à l’opposé » de ce qu’il faudrait faire. Et de prendre l’exemple de la TFA qui finance le CTIFL. « Nous demandions le déplafonnement de la TFA, le ministre n’a pas du comprendre. Il a décidé de la supprimer Il saborde l’innovation ». Concernant la situation économique des entreprises, Jacques Rouchaussé a fait part de ses demandes de « mesures à effet immédiat pour passer le cap ». « Dès aujourd’hui, nous demandons une année blanche sur le plan bancaire et social ». Les producteurs de légumes souhaitent également l’abrogation du compte pénibilité, un moratoire sur la suppression des molécules, la réécriture de l’accord de modération des marges… « Nous demandons au ministre de sortir du mépris dans lequel il nous enferme » a-t-il déclaré en conclusion. Après avoir, en vain, tenté de faire passer un message vidéo de Stéphane Le Foll, Catherine Geslain-Lanéelle a tenté de rassurer les producteurs. Sur l’embargo russe, « il me semble que la Commission a réagi rapidement » avec pour « objectif de stabiliser les marchés ». Mais « je reconnais que le dispositif n’est pas totalement adapté aujourd’hui » a-t-elle ajouté. Selon elle « l’embargo ne sera pas de courte durée, il faut que nous recherchions des solutions plus durables ». Sur la gestion de la crise, Catherine Geslain-Lanéelle a annoncé que le dispositif décidé en septembre dernier entrait dans sa phase de déploiement concret. Une première enveloppe de 8 millions d’euros a été débloquée. La directrice générale a ensuite abordé les deux questions qui fâchent : le financement du CTIFL et la promotion. « Le financement du CTIFL est amené à évoluer de manière significative » a-t-elle reconnu en rappelant le transfert à terme de la TFA (qui représente 70 % du budget du CTIFL) vers la CVO. « Nous allons vous accompagner dans cette année de transition afin que le CTIFL puise maintenir son activité. ». L’objectif est « de ne pas baisser la capacité d’action du CTIFL » a-t-elle martelé sans donner davantage de précisions. Quand à la fin des crédits de promotion, Catherine Geslain-Lanéelle a justifié l’arbitrage du ministre en faveur de l’investissement : « nous avons décidé de faire porter la réduction de nos crédits d’intervention sur la promotion et non sur les investissements » a-t-elle déclaré sans convaincre une salle rétive.