mardi 20 novembre 2018

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Congrès Fnsea : Valls est venu, a séduit,
et après ?

C’était la première fois qu’un Premier ministre « issu d’une majorité de gauche » participait à un congrès de la FNSEA n’a pas manqué de rappeler Xavier Beulin. La présence de Manuel Valls à Saint Etienne était un événement en soi. Mais ce lundi, au lendemain de la déroute de sa majorité aux départementales, que va-t-il en rester ?

Des ministres de l’Agriculture sifflés à un congrès de la FNSEA, il y en a eu, et beaucoup. Ca fait même parti du boulot. Mais jeudi dernier à Saint-Etienne, le contraste était saisissant entre un Stéphane le Foll dont le nom était systématiquement conspué et un Manuel Valls, applaudi à plusieurs reprises, et qui est reparti sous les ovations des quelques 1500 congressistes. Il est vrai que la consigne avait été donné par Xavier Beulin lui-même : pas question de chahuter le Premier ministre. Mais pas un mot pour le ministre de l’Agriculture. Et ce dernier est rapidement parti à la fin du discours de Manuel Valls quand le Premier ministre restait de longues minutes dans la salle à discuter avec des congressistes, à aller saluer les confréries présentes, etc… Voilà pour la forme. Sur le fond, après une interminable introduction où Manuel Valls a fait une véritable déclaration d’amour aux agriculteurs (« Vous êtes une part de l’âme de notre beau pays » ; « les agriculteurs sont sans doute les meilleurs écologistes de notre pays » ; « je n’accepterai pas que les agriculteurs soient laissés au bord du chemin »…), il a pris la plupart des engagements attendus par Xavier Beulin. Ainsi, il a promis de verser les aides européennes dans les délais malgré un retard dans le dépôt des dossiers ; il s’est engagé à alléger les contraintes en matière de normes ; il a fustigé la grande distribution : « nous attendons que la grande distribution prenne sa responsabilité. Elle doit accepter les hausses des prix. Elle bénéficie du CICE, elle ne doit pas en bénéficier deux fois ». Enfin il a rappelé que le moratoire qui s’appliquait aux retenues d’eau était « caduc » et « des barrages pourront être construits » comme à Sivens où « un barrage verra le jour ». Il a dénoncé « l’occupation illicite » par les zadistes. « Quand la décision est prise, l’ordre républicain doit avoir le dernier mot ». Bref, l’opération séduction d’avant les départementales a fonctionné. Mais ça, c’était avant !