mardi 20 novembre 2018

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Nouvelles fraîches

Départements : l’inversion de la carte

A défaut d’avoir pu inverser la courbe du chômage, François Hollande aura au moins réussi l’inversion de la carte électorale des départements. Chez les candidats « agricoles » que nous suivons depuis le début, nous pouvons relever le succès de Pascal Costes, ancien président des JA et chef de file de la droite qui devrait être élu à la tête du conseil départemental de la Corrèze, détenu jusque-là par la gauche. Dans la Somme, l’ex-président de la FNPorc, Jean-Michel Serres (UD) est battu, il arrive en troisième position derrière le candidat de gauche (élu), et le FN. Dans le Lot, Bernard Borredon (UDI), co-président de la SIPMM melon, est battu par le candidat divers gauche. Dans l’Aube, le sénateur et président du conseil général sortant, Philippe Adnot (DVD) est facilement réélu. Dans le Lot-et-Garonne, Michel de Lapeyrière (DVD) ancien président (CR) de la Chambre d’agriculture est battu. Parmi les autres résultats, on peut relever que la Drôme bascule à droite : elle était présidée depuis 2004 par Didier Guillaume, président du groupe PS au Sénat et qui n’était pas candidat à sa succession. Remarquons également que Christian Troadec (DVG) conseiller général sortant, maire de Carhaix-Plouguer et figure de proue du mouvement des « Bonnets rouges » a été élu dans le Finistère. Notons enfin que les anciens ministres de l’Agriculture Jean Glavany, Dominique Bussereau et Hervé Gaymard sont réélus.

Le remaniement, c’est pour quand ?

Il ne s’agit plus de se demander s’il va y avoir un remaniement après les départementales, mais de savoir quand il aura lieu. En fin de semaine dernière, le Premier ministre faisait savoir qu’il n’était pas pressé, mais l’ampleur de la défaite lui permet-elle d’attendre ? Dans les faits, il faut combiner un remaniement technique et un remaniement politique. Technique parce qu’il faudra remplacer Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, qui a récemment démissionné pour raisons de santé. Technique aussi, car la secrétaire d’Etat au Commerce Carole Delga souhaite quitter le gouvernement pour pouvoir se consacrer à sa candidature aux élections régionales dans la future région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Mais le remaniement sera aussi politique et devra tenir compte du résultat des urnes. A ce moment la question de la place et du rôle de Stéphane Le Foll se posera. Nul doute que ce très fidèle de François Hollande (ils ne sont plus très nombreux) restera au gouvernement. Mais peut-il rester à l’Agriculture ? Non si l’on écoute les sifflets du congrès de la FNSEA alors que les mêmes congressistes acclamaient Manuel Valls (lire plus haut). On peut relier cela à la rumeur, persistante la semaine dernière, de l’éventuelle nomination de Philippe Mauguin, actuel directeur de cabinet du ministre, à la tête de l’ONF en remplacement de Pascal Viné qui rejoint Coop de France. A suivre donc…

Loi Macron (1) : l’amendement Rungis

Un aspect de la loi Macron est, jusqu’à présent, passé inaperçu. Il s’agit de l’article 53 quater. Il prolonge jusqu’en 2050 la concession de la gestion du Min à la Semmaris. Pour mémoire, rappelons que c’est la deuxième extension de la concession. En 2003, Renaud Dutreil, alors secrétaire d’Etat au Commerce, avait décidé de prolonger de 17 ans (jusqu’en 2037) la concession qui alors devait s’arrêter en 2017. « Emmanuel Macron a fait beaucoup pour le marché de Rungis avec la loi Macron » reconnaissait récemment Stéphane Layani, PDG de la Semmaris, devant des professionnels.

Loi Macron (2) : l’amendement bleu blanc rouge supprimé par la Commission du Sénat

Comme nous le laissions entendre (cf. notre Blog du 2 mars), l’amendement qui conditionnait l’utilisation des couleurs tricolores aux produits d’appellation ou aux produits bénéficiant d’une certification, a été supprimé par la commission spéciale du Sénat. La loi Macron va être examiné en séance plénière par la Haute Assemblée à partir du 7 avril.

Cartel de la banane : la condamnation de Dole confirmée

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé la condamnation de Dole dans l’affaire du « cartel de la banane ». Du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2002, trois des principaux importateurs de bananes en Europe du Nord (Dole, Weichert et Chiquita) avaient mis en place une entente sur le prix de référence des bananes commercialisées dans 8 pays d’ Europe du Nord. En 2008, la Commission européenne avait infligé des amendes pour un montant de 60,3 millions € à deux des trois entreprises, Dole et Weichert, Aucune amende n’avait été infligée à Chiquita qui avait fourni des informations à la Commission. Dole avait déposé un recours contre cette décision devant le Tribunal de l’Union, recours rejeté par le Tribunal le 14 mars 2013. C’est cette décision de rejet du recours de Dole qui vient d’être validée par la CJUE.

Remous autour de l’annualisation de Vinisud

La décision de rendre annuel Vinsud, le salon des vins de la Méditerranée (cf. notre Blog du 2 mars) ne fait pas l’unanimité. Ainsi, pour les vignerons indépendants du grand sud-est cette décision « est en totale contradiction avec la volonté et les stratégies des vignerons indépendants, qui si elle était confirmée verrait le nombre d’entreprises participant diminuer de manière drastique ! ». « Maintenir Vinisud dans sa formule actuelle est à nos yeux gage à la fois d’un visitorat de professionnels internationaux et d’une participation constante de toutes les entreprises de la filière » écrivent les signataires du communiqué. Cité par Vitisphère, Fabrice Rieu, président de Vinisud rappelle que 82,5% des exposants plébiscitent le passage à un rendez-vous annuel. Il ajoute que cette annualisation fera l’objet d’une évaluation en 2017.