Crise : la douche bruxelloise | Lundi 14 septembre 2015

Après Paris, Bruxelles. Autant de tracteurs, de nombreux manifestants, la même déception et un Commissaire Hogan qui se fait porter pâle.

Réunis à l’appel du Copa-Cogeca, plus de 7 000 agriculteurs, venus de toute l’Europe, s’étaient rassemblés le 7 septembre à Bruxelles, dans un climat très tendu, avec la volonté de faire pression sur le conseil extraordinaire des ministres de l’Agriculture de l’UE. Les ministres devaient prendre des mesures afin d’atténuer les effets de la crise agricole. Ce conseil s’est déroulé en l’absence de Phil Hogan, Commissaire à l’Agriculture, officiellement malade. Les résultats de ce conseil ont loin d’avoir été à la hauteur des attentes des manifestants. Une enveloppe de 500 millions d’euros a bien été débloquée, mais cela représente « 40 euros » par exploitation européenne expliquait plus tard Jo Giroud, secrétaire général de l’APCA. Surtout, Bruxelles refuse obstinément de relever le prix d’intervention de produits comme le lait ou la poudre de lait, une mesure réclamée par la France. « Il faut relever le prix d’intervention, car quand le prix tombe à ce niveau là, le malade est mort, c’est trop tard » dira Jean-Louis Cazaubon, 1er vice-président de l’APCA. « Le prix d’intervention, quelles que soient les filières, est inopérant » ajoutera Guy Vasseur, président des Chambres d’agriculture à l’occasion d’un point de presse le 9 septembre. Pour une fois, les organisations professionnelles agricoles sont sur la même longueur d’ondes que Stéphane Le Foll. « Nous pensons toujours que la bonne mesure est un relèvement du prix d’intervention » a déclaré le ministre. Surtout, la Commission ne prend pas en compte les effets de l’embargo russe. D’où l’impression d’une « forme de mépris » ressenti par le président de l’APCA Xavier Beulin. « Il est clair qu’un paquet d’aides de 500 millions d’euros est bien loin du compte pour indemniser les agriculteurs de la perte de leur principal marché d’exportation, la Russie, qui vaut 5,5 milliards d’euros par an » a de son côté estimé le Copa-Cogeca dans un communiqué. Mais la politique agricole a-t-elle encore une place en Europe ? On peut en douter. Surtout après le premier discours sur l’Etat de l’Union de Jean-Claude Junker, président de la Commission. Sur une intervention d’1h20, il n’a évoqué l’agriculture qu’une poignée de minutes ! Déçu par les ministres et par la Commission, Guy Vasseur en appelle au Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernements. Le prochain doit se tenir les 15 et 16 octobre. D’ici là, la colère paysanne va avoir de multiples occasions de s’exprimer. Une manifestation de la Confédération paysanne est annoncée ce lundi à Vesoul à l’occasion du comité interministériel aux ruralités. Le Space qui s’ouvre mardi 15 septembre s’annonce très tendu. Le ministre n’a pas annoncé sa venu. La Coordination rurale veut bloquer les accès au salon. Et puis il y aura le Sommet de l’élevage du 7 au 9 octobre à Cournon (Puy de Dôme). Et bien d’autres rendez-vous.

 

 

 

 

 

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