C’est sur un ton volontairement dramatique que Xavier Beulin, président de la FNSEA, a présenté ses vœux à la presse le 6 janvier. De son coté, Stéphane le Foll reconnaissait que la crise de l’élevage était plus grave que prévue.

« Il y a le feu à la ferme France » : les mots ne sont pas habituels dans la bouche de Xavier Beulin qui affiche d’ordinaire un ton posé. Et le président de la FNSEA d’ajouter : « nous savons aujourd’hui qu’un certain nombre de nos collègues ne pourront plus exercer le métier ». « Tous les jours, il y a des exploitations qui tombent » martèle-t-il. La crise de 2015 n’est pas terminée estime la FNSEA. Et les mesures annoncées en septembre dernier par le Premier ministre, si elles « vont dans le bon sens », ne sont pas suffisantes. Encore faut-il qu’elles soient appliquées. Et Xavier Beulin est revenu sur le chapitre normatif et réglementaire Il a rappelé les engagements très forts de Manuel Valls sur ce sujet : « d’abord, remettre l’agriculture française dans la norme européenne. Et ensuite, revoir la méthode d’élaboration des normes et des règlements ». « Il y a une machine à fabriquer des normes qui devient insupportable » ajoute Xavier Beulin. Mais pour la FNSEA, la vraie raison de cette crise qui dure est bien entendue celle de la répartition des marges. « Ou sont passés les 30 à 40 cts le kilo (de viande) qui se baladent, s’interroge Xavier Beulin. Ils ne sont pas chez le paysan, mais ils sont ailleurs ! ». La FNSEA rappelle sa demande d’injecter 3 milliards d’euros dans les filières de l’élevage en mobilisant trois leviers : l’Europe, la France avec la BPI et les régions. Stéphane Le Foll avait choisi cette journée des vœux de la FNSEA pour dresser un premier bilan du plan de soutien de l’élevage. Il a reconnu à cette occasion que la crise était bien plus grave que celle qu’il avait envisagé. Alors que la rue de Varenne tablait sur 25 000 dossiers d’agriculteurs en difficulté à instruire, ce sont plus de 35 500 dossiers qui ont été retenus par les cellules d’urgence départementales et qui vont pouvoir bénéficier du fonds d’allégement des charges. 11 400 dossiers ont été à ce jour traité s’est félicité le ministre qui estime que c’est une forme de record dans la réactivité de ses services. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde. Dans un communiqué, Isabelle Le Callennec, vice-président des Républicains et député d’Ille-et-Vilaine s’étonne que le ministre de l’Agriculture exprime sa satisfaction alors que « seulement 11 400 demandes d’aide ont été traitées alors que cela ne représente qu’un tiers des demandes ! ». « Le Gouvernement considère-t-il encore que l’agriculture française représente un secteur d’avenir, porteur d’innovations et d’emplois ? Si tel est le cas, il serait urgent qu’il prenne le problème à bras le corps et propose des solutions concrètes et opérationnelles qui répondent aux attentes du secteur » conclut ce communiqué.

 

 

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