Bretagne, Vesoul, Tours, Pau, … les manifestations agricoles ne se sont pas arrêtées en fin de semaine. Et ce lundi matin, de premiers rassemblements étaient annoncés en Charente-Maritime où la ville de Saintes commençait à être paralysée. De plus en plus, la grande distribution devient la cible de la colère paysanne. Ses représentants doivent être reçu ce lundi matin par Manuel Valls à Matignon.

Mais qu’attendre de ce rendez-vous ? Selon Les Echos (8 janvier), un fonds de secours abondé par les distributeurs pourrait être créé. D’un montant de 100 millions d’euros, il serait alimenté par un prélèvement de quelques centimes sur le prix du kilo de vente. On voit mal comment un tel machin pourrait fonctionner. Il serait quand même plus simple que les centimes en question soient directement remontés sur le prix d’achat de la viande aux producteurs. Quant à la bonne volonté de la grande distribution… Challenges.fr (4 février) annonce que les négociations commerciales (qui doivent se terminer le 29 février, en plein salon de l’agriculture !) se passent « plus mal que jamais ». Nouveauté 2016, la compensation des marges. Les fournisseurs ont été contactés dès le mois de septembre pour verser, sans réelles justifications, entre 4 % et 7 % du chiffre d’affaires réalisé. Ceux qui refusaient n’étaient pas invités aux négociations commerciales. Challenges annonce que cette pratique est dans le collimateur de la DGCCRF qui a lancé des contrôles chez les distributeurs. Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, la majorité socialiste repousse, sans débat, la proposition de loi déposée par le groupe LR, adoptée par le Sénat, sur la compétitivité de l’agriculture. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a dénoncé une « obstruction partisane de principe ». A la suite de ce rejet, les députés du Front de Gauche ont présenté leur propre proposition de loi « visant à garantir des prix d’achat aux agriculteurs ». Tout cela ressemble davantage à de la posture politique qu’à une réelle recherche de solutions. Qui ne passera pas par la loi. Respectons celles qui existent déjà notamment sur les relations commerciales, ne sur transposons pas les normes européennes, rouvrons les frontières de la Russie,… Quant à Stéphane Le Foll (lire aussi Nouvelles fraîches), c’est d’une autre loi qu’il va parler, la sienne. Ce jeudi 11 février, le ministère de l’Agriculture organise une journée sur le bilan de la loi d’avenir. Est-ce bien le moment ?

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