Nouvelles fraîches – Spécial salon | Lundi 27 février 2017

Bananes : 50 nuances de Bio

« La banane française, mieux que bio c’est possible ! » : cette pub est passée dans la presse nationale (Le Monde, Le Parisien, Le JDD,…) à la veille du salon et doit être relayée, pendant la semaine du SIA, en radio. Le but des producteurs antillais : alerter le consommateur et les autorités sur la situation actuelle du bio des pays tiers et les discussions au niveau européen sur le sujet. Pour faire simple, la banane européenne (et notamment la banane de Guadeloupe et de Martinique) ne peut pas être ‘bio’ compte tenu des exigences de la règlementation française et européenne alors que la banane des pays tiers obtient plus facilement ce label par des adaptations de leur propre règlementations. Un seul exemple : l’huile minérale Banole. Ce fongicide est utilisé dans le monde entier contre la cercosporiose du bananier et est autorisé en AB. La réglementation française en limite le nombre de traitements, et interdit l’épandage aérien pour l’agriculture conventionnelle. Cette huile minérale est en revanche épandue par voie aérienne sur les bananes bio des pays tiers en fréquence souvent supérieure à ce que font les producteurs français sans traitement aérien. Les discussions en cours au niveau communautaire tendent à encore ‘alléger’ le cahier des charges bio pour l’agriculture non européenne en acceptant des dérogations pour des produits phytosanitaires non évalués par l’Europe. Certains de ces produits sont déjà utilisés et le nouveau règlement ne ferait que légaliser la situation. C’est ce travers que souhaite dénoncer l’UGPBAN par sa campagne de com’. Elle n’a pas été forcément bien comprise, c’est un euphémisme, par les acteurs de la bio en France. La Fnab, l’Agence bio, l’Inao… ont réagit vigoureusement. En revanche, Stéphane Le Foll, de passage samedi sur le stand de la banane antillaise au salon, a assuré les producteurs que ses services étaient mobilisés à Bruxelles. Stéphane LeFoll a souligné le bon travail réalisé par les producteurs, en collaboration avec les pouvoirs publics, pour assurer la transition agro-écologique de la filière et s’est félicité du déploiement du plan banane durable. Il a également réaffirmé son intérêt pour la production de bananes de Guadeloupe et Martinique indiquant que les progrès réalisés sont considérables. Il a ainsi renouvelé sa confiance aux producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique. L’UGPBAN a rappelé au ministre son souhait que la règlementation des pays tiers en matière de Bio soit conforme à la réglementation européenne. Par cette campagne de com’, l’UGPBAN voulait mettre les pieds dans le plat, ou glisser une peau de banane. C’est réussi.

Pommes : Estrosi attendu de pieds fermes par les producteurs

La rencontre, programmée mardi matin sur le stand d’Interfel, entre Christian Estrosi et la filière fruits et légumes, pourrait être tendue. La raison : un communiqué du président de la région Paca sur la filière pomme des Alpes, fortement impactée par l’interruption du commerce avec l’Algérie. « Il est absolument indispensable qu’un quota de 20 000 tonnes de pommes des Alpes minimum, soit 15 millions de chiffre d’affaire, soit instauré (.) par les autorités algériennes pour permettre la survie des exploitations alpines qui connaissent des problèmes de trésorerie très importants » écrit-il. Ce qui a été interprété comme une pression par l’Algérie, toujours chatouilleuse sur les questions de souveraineté, surtout quand il s’agit de la France. Et cela a encore compliqué le dialogue entre les deux pays…

Présidentielle : Hamon ce lundi au salon, Mélanchon le boude ostensiblement

C’est finalement ce lundi que Benoît Hamon, candidat du PS à l’élection présidentielle visitera le salon de l’agriculture. Jean-Luc Mélanchon a de son coté confirmé qu’il ne viendrait pas au salon parce qu’il « désapprouve le modèle d’agriculture productiviste » a-t-il déclaré samedi. « Une agriculture respectueuse de l’être humain et de l’environnement ne peut pas être capitaliste car le capitalisme n’est pas compatible avec le temps long d’une agriculture paysanne et écologique » a-t-il ajouté. Le candidat va toutefois envoyer deux représentants de son équipe agricole de campagne Laurent Levard et Eve Saymard.

Excédent de petits candidats

La journée de dimanche a été celle des ‘petits candidats’. Les responsables des stands des organisations professionnelles ont vu arriver des visiteurs tenant a peu près ce langage : « bonjour, je suis candidat à l’élection présidentielle, je souhaite m’entretenir avec un dirigeant ». Il y en avait pour tous les goûts : un général, une candidate ‘citoyenne’, un partisan du ‘frexit’,… Il paraît qu’il y aurait actuellement plus de 60 candidats à l’investiture. Le défilé pourrait donc se continuer toute la semaine. Certaines mauvaises langues pensent que c’est un moyen pour se faire payer un verre à l’œil. Mais ce sont des mauvaises langues.

 

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