“Cela s’appelle mettre les pieds dans le plat” écrivions nous la semaine dernière (cf. notre Blog du 27 février) a propos de la campagne “la banane française, mieux que bio c’est possible”. Et de fait, cette com’ a fait longuement parler d’elle.

Nous évoquions aussi la réaction possible de la filière bio française. Elle n’a pas tardée, le Synabio ayant déposé un référé pour faire cesser la campagne. Curieusement, c’est l’Agence Bio (actuellement présidée par Didier Pérréol, également vice-président du Synabio) qui a réagi la première à la conclusion du référé. Dans un communiqué du 1er mars, l’Agence Bio se “félicite” de la décision de justice “qui enjoint d’arrêter, dès jeudi 2 mars, sa campagne de communication illicite contre les bananes bio vendues sur le marché”. “Il n’existe pas de bananes bio sur le marché français ne respectant pas les normes communautaires” poursuit l’Agence. Elle insiste sur la notion “d’équivalence” entre la production biologique dans les pays tiers et la production bio européenne. C’est justement cette notion d’équivalence que conteste l’UGPBAN, lui préférant celle de “conformité”. “Nous souhaitons que la production de ces pays soit en conformité avec la production bio européenne” insiste Eric de Lucy, président de l’UGPBAN. Dans un communiqué commun (daté du 2 mars), le Synabio, la Fnab, Synadis Bio et Cebio dénoncent “un détournement d’usage d’un signe officiel de qualité et d’une communication opportuniste visant à profiter de l’engouement des consommateurs pour la bio”. “Produire en bio suppose de respecter un cahier des charges rigoureux qui interdit en particulier les engrais et les pesticides issus de la chimie de synthèse (.) poursuivent ces quatre organisations. Contrairement à ce que laisse entendre l’UGPBAN, ces exigences concernent les productions européennes bio comme celles importées en provenance des pays tiers”. Là aussi, c’est la notion d’équivalence qui est mise en avant. L’UGPBAN a réagit à son tour le 3 mars. Elle “prend acte de l’ordonnance de référé lui enjoignant de modifier sa campagne de communication”. Elle “dément catégoriquement les informations inexactes diffusées par l’Agence BIO dans son communiqué de presse du 1er mars 2017, alors que celle-ci n’était pas associée au recours judiciaire”. “ Le juge a basé sa décision sur la forme et en aucun cas sur le fond”, ajoute l’Union. “Cette décision, de pure forme, ne contredit pas le fait que les bananes dites « bio » importées de certaines zones de production hors Union Européenne, ne respectent pas le cahier des charges de l’agriculture biologique européenne”. “Les producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique ne se battent pas contre le bio. Bien au contraire, leur combat a pour objectif le strict respect du bio européen pour une meilleure valorisation de cette production”. Cette opposition entre “équivalence” et “conformité” est au cœur de la réforme en cours du règlement européen sur l’agriculture biologique. Une réunion du trilogue (Commission-Conseil-Parlement) était programmée le 22 mars. Elle a été a avancée à ce mercredi 8 mars.

 

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