En 2016, le commerce extérieur des produits agroalimentaires a connu un excédent de 6,1 milliards d’euros, soit le troisième excèdent après l’aéronautique ((+18,6 milliards) et les parfums-cosmétiques ((+9,4 milliards) indique le dernier rapport des Douanes.

Les exportations se sont élevées à 58,7milliards pour 52,6 milliards d’importations (soit 13,2% des ventes françaises et 10,3 % des achats). Malgré tout, ce solde commercial positif est en recul par rapport à 2015 (9,2 milliards, et après 11,4 milliards en 2011 et 2012, records historiques). C’est désormais le troisième excédent français, derrière l’aéronautique et les parfums et cosmétiques. « Cependant, les positions françaises s’érodent » précisent les Douanes. La France occupe en 2015 le cinquième rang parmi les fournisseurs mondiaux de produits agroalimentaires avec 4,9 % de parts de marché, contre la troisième place dix ans auparavant. Avec une perte de 1,8 % de parts de marché entre 2005 et 2015, elle affiche le plus fort recul mondial. C’est avec l’Union européenne, qui est son premier débouché́, que la France perd le plus de parts de marché (-2,8 % en dix ans), les pays d’Europe centrale prenant le relais. Les pertes de parts de marché de la France portent également sur les autres zones géographiques à l’exception de l’Asie, où elles se maintiennent. La Chine, premier importateur mondial d’agroalimentaire (9,2 % des achats mondiaux), constitue la première contribution à la croissance des exportations françaises. Contrairement à la France, les Pays-Bas et l’Allemagne (deuxième et troisième fournisseurs mondiaux) ont réussi à conserver leurs positions. En dépit de la concurrence accrue des pays émergents, les exportations françaises demeurent cependant dynamiques, du fait de la progression de la demande mondiale en produits agroalimentaires (+6,6 % en moyenne annuelle entre 2005 et 2015), notamment celle des pays tiers. Les exportations françaises vers les pays tiers s’accroissent de +8,1 % l’an en dix ans, contre +4,4 % avec l’UE. L’excèdent commercial agroalimentaire repose désormais davantage sur les exportations extracommunautaires. Celui avec les pays tiers atteint 5,3 milliards en 2016, contre seulement 0,8 milliard avec l’UE qui est pourtant le principal partenaire de la France (63 % des exportations françaises et 69 % des importations). La France réalise de bons scores avec les produits de terroir, tandis qu’elle ne parvient pas à s’imposer dans les autres produits transformés. L’excèdent commercial sur les produits de terroir s’accroît de 3 milliards en dix ans et porte en grande majorité́ sur les boissons alcoolisées. Ces dernières génèrent un excèdent de 10,5 milliards en 2016, ventilé en 4,7 milliards pour les vins tranquilles, 3,0 milliards pour les spiritueux et 2,8 milliards pour les champagnes et vins mousseux. Le solde des échanges de produits agricoles bruts devient déficitaire pour la première fois en 2016 (-0,9 milliard). Cette dégradation du solde vient principalement de la forte réduction de l’excèdent céréalier, passant de 6,4 milliards en 2015 à 4,7 milliards en 2016. Par ailleurs, la poussée des importations de fruits et légumes accroît le déficit, établi à 3,5 milliards en 2016 pour ces produits.

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