To Brex or not to Brex | Lundi 27 mars 2017

29 mars, Brexit Day

« Quand mars bien mouillé sera, beaucoup de fruits cueilleras » : c’est le dicton associé au 29 mars, jour de la Sainte Gwladys, une galloise. Selon le calendrier des Saints « sa fidélité conjugale laissa longtemps à désirer. Quand elle devint veuve, elle se fit ermite pour expier ses fautes et passa le reste de sa vie dans la solitude ». Le 29 mars, c’est le jour retenu par Teresa May pour déclencher l’article 50. La fidélité du Royaume-Uni à l’Union européenne a longtemps laissé à désirer. Son retrait de l’UE sera-t-il son ermitage ?

Le calendrier du Brexit

48 heures après la réception de la lettre de Teresa May, Donald Tusk, président du Conseil européen enverra aux 27 un document exposant les grandes lignes directrices des négociations. Un sommet européen sera convoqué le 29 avril (soit entre les deux tours de l’élection présidentielle française !). C’est ce sommet qui donnera formellement un mandat de négociation à Michel Barnier. Alors seulement, les négociations pourront réellement commencer. Selon le souhait de Barnier, elles devraient se terminer à l’automne 2018 afin de laisser 6 mois pour mettre en œuvre le Brexit, prévu pour fin mars 2019. De son côté, l’Ecosse devrait demander, dans les prochaines semaines, l’autorisation d’organiser à l’automne 2018 ou au printemps 2019 un référendum sur son indépendance.

Menaces sur le futur budget de la Pac

Dans une interview accordée à nos confrères d’Euractiv (24 mars), Günter Oettinger commissaire européen au Budget estime de « neuf à douze milliards d’euros » le ‘vide financier’ laissé par le Royaume-Uni dans le budget européen après le Brexit. Conséquence du Brexit : « certains programmes risquent de disparaître et les contributeurs nets risquent d’être davantage sollicités » précise-t-il. « Je pense que nous devons examiner la situation rubrique par rubrique, programme par programme. Le pourcentage de réduction des dépenses ne doit pas toujours être le même. Par exemple, j’essaierais d’éviter des restrictions trop importantes dans notre programme de recherche, Horizon 2020. Je suis convaincu de l’efficacité des projets de recherche européens » ajoute le commissaire. A la question « la politique agricole commune devra-t-elle subir d’importantes coupes budgétaires? », il répond sèchement : « Nous verrons ». De son côté, Phil Hogan, commissaire à l’Agriculture, interrogé également par Euractiv (22 mars) sur le budget de la Pac répond : « il est impossible à l’heure actuelle de prévoir quel sera le budget à l’avenir. Quoi qu’il en soit, nous devrons utiliser les fonds que nous aurons de la meilleure manière possible ». On ne sent pas, chez les commissaires, un enthousiasme délirant à défendre le budget de la Pac à l’avenir…

Fish and Brexit

Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, a réuni le 22 mars l’ensemble des acteurs de la pêche française pour évoquer les enjeux du Brexit pour la filière. Les professionnels ont rappelé́ l’importance du maintien de l’accès aux eaux britanniques, où exercent de nombreux navires français. « Les échanges ont fait ressortir l’impossibilité pour ces navires de reporter leurs activités vers d’autres zones de pêches, un tel déplacement d’activité́ menaçant à la fois l’équilibre entre les flottilles de pêche et la durabilité des ressources » indique le communiqué du secrétariat d’Etat. Les discussions ont également porté sur les enjeux pour l’aval de la filière, largement dépendant des approvisionnements en produits de la mer pêchés dans les eaux britanniques et sur la nature de la future relation commerciale avec le Royaume-Uni.

 

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