« La meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre : c’est de mettre un pied devant l’autre, et de recommencer ». Je ne sais pas si Emmanuel Macron a fait du scoutisme, mais la chanson des scouts est une feuille de route idéale pour le nouveau Gouvernement En Marche. A condition que les nouveaux ministres se rappellent que « dans la troupe, y a pas de jambes de bois, y a des nouilles, mais ça ne se voit pas ». Espérons !

Quelques signes positifs

Commençons ce quinquennat avec de bonnes résolutions en relevant les signes positifs envoyés par le nouveau pouvoir. Le président veut restaurer la solennité de la fonction présidentielle, mise à mal par ses deux prédécesseurs. Ce n’est pas ici qu’on s’en plaindra ! Quelques exemples : le refus de parler de politique intérieure à l’étranger ; la solennité, depuis le perron de l’Elysée, de la nomination du Gouvernement (c’est mieux qu’un communiqué de presse) ; la rareté de la parole présidentielle, et l’injonction faite aux ministres de ne pas parler à tord et à travers (sur ce point, il faudra voir sur le long terme) ; la limitation du nombre des membres des cabinets (10 pour un ministre, huit pour un ministre délégué, cinq pour un secrétaire d’Etat) et la limitation de leurs pouvoirs face aux administrations centrales (là aussi, on verra à l’usage).

Bon, il y a aussi des motifs d’agacement

Le nouveau pouvoir n’a pas résisté au plaisir de jouer avec la dénomination des ministères. Passe encore pour le ministère de l’Action et des Comptes publics. C’est vrai que ministre des Finances, on ne comprenait pas bien. Ce qu’il y a de plus embêtant, c’est qu’il n’y ait qu’un seul ministre de l’Action. Et les autres ? Plus agaçant, est le nouveau nom du titulaire du Quai d’Orsay : ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Bien sûr, la question européenne est importante. Mais le reste du monde ? La France , par ses territoires ultramarins est présente sur les cinq continents. Elle est l’un des 5 membres permanents du conseil de sécurité de l’Onu. Grâce à la Francophonie, elle a des liens particuliers avec de très nombreux pays du monde. Et de Louis XIV à Talleyrand, c’est la France qui a inventé la diplomatie moderne, les « Affaires étrangères ». Ce serait bien de ne pas l’oublier.

Et l’Agriculture dans tout ça ?

La nomination de Jacques Mézard rue de Varenne a été une des surprises du Gouvernement. Et ce n’est pas manquer de respect au nouveau ministre que de dire que, quand la composition de la nouvelle équipe ministérielle a été connue, son nom a été « googlisé » par les organisations, professionnelles, les journalistes, et les fonctionnaires du ministère. (Jacques Mézard lui-même a reconnu devant les journalistes avoir été « surpris » par sa nomination). S’il n’apparaissait pas dans l’organigramme de campagne du candidat Macron, le désormais ex-sénateur du Cantal est, pour une grande part, l’auteur du programme agricole du candidat.

Mézard : première victoire, première erreur

La principale inquiétude des organisations professionnelles est la question du poids politique du nouveau ministre, face à Nicolas Hulot, star de l’écologie, homme public très populaire, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique, n° 3 du Gouvernement. Voilà de quoi, un peu, les rassurer : Mézard a gagné son premier arbitrage. Il a réussi à récupérer la pêche dans le périmètre de son ministère alors qu’elle était partie chez Ségolène Royal dans le Gouvernement sortant et que Nicolas Hulot entendait bien conserver. En revanche, sa décision de ne pas participer au conseil agricole informel de Malte (du 21 au 23 mai) est une grave erreur. Et il n’est pas normal que ni l’Elysée, ni Matignon, ni le Quai d’Orsay aient fait changer d’avis le ministre. Notons enfin que Jacques Mézard doit recevoir Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ce lundi 22 mai à 16 heures.

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