L’Ifop a réalisé, pour le compte de la FNSEA, une analyse du vote agricole et rural à l’occasion de la dernière élection présidentielle. Une étude riche d’enseignements dont nous avons pu nous procurer un exemplaire.

Première leçon : plus on s’éloigne des grandes agglomération, plus le vote Le Pen augmente. Ainsi, le vote Macron est à 27 % dans les communes situées entre 0 à 10 km d’une agglo, à 24 % entre 10 et 20 km. Celui pour Le Pen s’établit à respectivement 15 et 21 %. Mais tout s’inverse au-delà de 20 km : 24 % pour Le Pen, 23 % pour Macron. L’écart passe à 26-21 pour la distance 30-50 km. Enfin, les courbes s’inversent à nouveau (24 Macron, 21 Le Pen) au delà de 90 km.

1er tour : les communes les plus agricoles ont voté Fillon

Dans les communes rurales, le vote Fillon l’emporte là où la part des agriculteurs dans la population est la plus importante : 27,3 % pour l’ancien Premier ministre quand il y a plus de 20 % d’agriculteurs ; 26,2 % de 15 à 20 % d’agriculteurs ; 23,9 % de 10 à 15 % d’agriculteurs. A l’inverse, moins il y a d’agriculteurs dans une commune rurale, plus le vote Le Pen est fort (de 24 à 28 %). Le vote Macron est stable (autour de 20 %) dans ces communes, quel que soit le nombre d’agriculteurs.

La densité de commerces et de services limite le vote FN

Dans les petites communes (moins de 500 habitants), Marine Le Pen a obtenu en moyenne 28,3 % quant il n’y a aucun commerce, un résultat qui baisse régulièrement quand le nombre de commerce et de service augmente (19,4 % si plus de 10 commerces).

L’étude confirme enfin des tendances bien connues : plus le niveau d’études est élevé, plus le score Le Pen est bas (8 % chez les supérieurs à bac+2, 31 % chez ceux qui n’ont pas le bac) ; idem pour les communes aisées et les communes modestes ; et idem encore pour le taux de chômage : la progression de Marine Le Pen entre les deux tours a été la plus forte dans les communes où le taux de chômage est le plus élevé !

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