Le quota de ‘prélèvement’ de 38 loups jusqu’au mois de juin a été atteint avec l’abattage d’un animal dans la Drôme le 28 mai. Le quota initial était de 36 loups, mais Ségolène Royal, encore ministre de l’Environnement, avait autorisé l’abattage de deux animaux supplémentaires, si le premier quota était atteint avant la fin juin (1).

Selon la préfecture de Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui gère le plan loup au niveau national, le nombre de victimes des loups est en hausse sur la période 1er janvier-30 avril, par rapport à la même période des années précédentes (2014, 2015, 2016). Au 30 avril, le nombre des attaques s’élevait à 433, avec 3 nouveaux départements concernés : la Nièvre (5 attaques), la Côte d’Or (une attaque) et la Saône-et-Loire (deux attaques). A la même date, le nombre des victimes constaté s’élevait à 1726. En 2016, le nombre total des victimes des attaques du loup avait pour la première fois dépassé les 10 000. Dans un communiqué commun, la FNSEA et la FNOvine dénoncent le « coût économique et financier croissant et démesuré » de la présence du loup « 25 millions d’euros pour la seule année 2016 ». Les deux fédérations demandent de mettre un terme à l’expansion du loup qui « fait le malheur des éleveurs, premières victimes du loup. Il est intolérable et inhumain de continuer dans cette politique ». De son côté, la Confédération paysanne souhaite que le prochain plan loup 2018-2022 inscrive « la baisse de la prédation comme objectif majeur et se donne les moyens d’y parvenir ». « Le temps presse, il y a urgence ! Les paysans en zone de prédation sont nombreux à avoir leur avenir suspendu aux décisions qui seront prises. Nous espérons qu’elles iront dans le sens de la pérennité du pastoralisme et de l’élevage de plein air » ajoute la CP. « Sans régulation, le loup prospère, colonise de nouveaux territoires, ravage les troupeaux et s’habitue à côtoyer l’Homme » écrit pour sa part la Coordination rurale. « Il est impératif d’endiguer, par une réglementation adaptée, la prolifération du loup et par là-même d’assurer la sécurité publique. À défaut, cette prolifération pourrait constituer une carence de régulation de nature à engager la responsabilité de l’État » précise la CR. En déplacement dans l’Aveyron le 3 juin (2), Jacques Mézard s’est « félicité du même discours de tous les syndicats agricoles sur cette question ». Il s’est prononcé en faveur de « la recherche d’une solution équilibrée ». « Je ne suis pas pour l’éradication du loup, ajoute le ministre de l’Agriculture. Nous devons protéger la biodiversité. Mais nous devons faire appel au bon sens. Je suis pour une solution pragmatique et non pas dogmatique ». Il n’y a plus qu’a…

(1) : un projet d’arrêté prévoit de passer à 40 le nombre de prélèvement si le quota de 38 était atteint. Il n’a pas encore été publié (cf. notre Blog du 9 mai).

(2) : dans la nuit précédant la visite du ministre, un troupeau a été attaqué sur la commune de Cornus (Aveyron), deux brebis tuées et trois grièvement blessées (Midi Libre du 4 juin).

 

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