Conseil national des territoires ce lundi 17 juillet, lancement des Etats généraux de l’alimentation jeudi 20 juillet : la semaine qui s’ouvre est réellement décisive pour l’agriculture et la ruralité. La ruralité d’abord, parce qu’elle est la grande victime du quinquennat précédent. La nouvelle carte territoriale, dessinée un lundi soir sur un coin de table de l’Elysée, la création des métropoles, le renforcement des communautés de communes, la fusion, à marche forcée, des communes a isolé de plus en plus ce que les sociologues appellent le rural profond. Les services publics quittent les villages ; les médecins disparaissent les uns après les autres créant des déserts médicaux ; Internet n’arrive toujours pas partout (les fameuses zones blanches) et notamment dans les fermes où les agriculteurs obligés de faire leur déclaration Pac, entre autres, par Internet, ne sont pas connectés ; les bistrots-tabac, las des législations contre l’alcool et les tabacs, ferment, etc. Résultat : des millions de français se sentent abandonnés, ce qui se traduit par un vote FN massif. Marine Le Pen est arrivée en tête dans 19 000 communes au second tour de la présidentielle rappelle Gérard Larcher, président du Sénat dans Le Journal du dimanche (16 juillet). Suspecté d’être le candidat des métropoles, Emmanuel Macron aura fort à faire pour rassurer les élus ruraux. L’agriculture est le poumon économique, social, environnemental de cette ruralité. Et elle aussi ne se porte pas bien. Les maux sont connus, mais les remèdes n’ont pas encore été trouvés. Macron a fait du « juste prix » pour les agriculteurs le thème de sa campagne électorale. Le voici au pied du mur. Les Etats généraux de l’alimentation seront lancés ce jeudi avec une intervention du Premier ministre, et une autre du président de la République. Quel moyen l’Etat a-t-il de sortir de la course suicidaire aux prix bas qui pénalise toute la chaîne alimentaire ? Quelle pression sur la grande distribution ? Comment redonner de la valeur à l’agriculteur sans, trop, pénaliser le consommateur ? Voilà l’enjeu. Du moins une partie de l’enjeu. Car, comme Janus, ces Etats généraux ont deux visages : l’économique (le juste prix), et le social (la qualité de l’alimentation, l’environnement,…). Et quoiqu’en dise le ministre de l’Agriculture, ils ont deux têtes : Travert et Hulot. Et les ONG sont en embuscades. Les agriculteurs, qui redoutent que ces Etats généraux ne se transforment en Grenelle de l’Environnement bis, ont raison d’être vigilants.

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