samedi 18 août 2018

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TV AGRI
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Macron et l’agriculture : tout reste à faire

Six mois après l’élection du président de la République, la politique agricole d’Emmanuel Macron reste à mettre en place. Deux dossiers sont les symboles d’un flou pas du tout artistique, le glyphosate et les EGA.

Glyphosate : heureusement, le ridicule ne tue plus

L’échec du vote du 9 novembre sur le renouvellement du glyphosate est « un échec pour l’Europe » a déclaré Stéphane Travert. C’est plutôt un échec pour la France incapable de rallier des voix sur sa position. Peut-être parce-que les autres pays membres de l’UE ont du mal à la comprendre cette position. Nicolas Hulot ne cesse de parler de trois ans, quand Stéphane Travert et le Premier ministre évoquent quatre ans. La Commission a fait l’essentiel du chemin passant de 10 ans à 5 ans. Si la France bougeait un petit peu, ce ne serait pas difficile de réunir le plus grand monde sur ces 5 ans. Encore faudrait-il que Jupiter mette de l’ordre dans son gouvernement !

Glyphosate : l’os à ronger

Ce qui est valable pour le nucléaire, ne semble pas l’être pour les pesticides en général et le glyphosate en particulier. Le 7 novembre Nicolas Hulot a annoncé la fin de l’objectif de réduction à 50 % de la part de l’énergie nucléaire en 2025, un objectif « difficile » à atteindre selon lui. « « Je préfère le réalisme et la sincérité à la mystification » a-t-il ajouté. Bravo. On pourrait appliquer mot pour mot ce qui a été dit sur la sortie du nucléaire à la sortie des pesticides. Il faut du temps, il faut trouver des alternatives, il ne faut pas précipiter les choses au risque de prendre des remèdes pires que le mal… Pourquoi ne pas le faire ? De plus en plus, le sentiment monte qu’il faut laisser un os à ronger à M. Hulot et aux écologistes, et que cet os à ronger, c’est l’agriculture, ce sont les agriculteurs.

EGA : l’esprit (de la loi) essoufflé au lieu du souffle de l’esprit

Faute de pouvoir venir le 11 octobre avec une loi (comme promis, mais, nous l’avions écrit, c’était impossible), Emmanuel Macron en a appelé à l’esprit de la loi. Il a demandé « un engagement clair des parties prenantes (.) avant la loi, pour que les négociations commerciales reflètent l’esprit de la loi à venir ». Sauf que les négociations commerciales ont commencé, et que l’esprit de la loi est resté au vestiaire. De l’avis général, les négociations sont aussi dures que d’habitudes, voire plus dures dans certains cas. A la soirée décryptage des EGA organisée le 7 novembre par le groupe Les Echos, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a dénoncé la pression inimaginable » qui pèse sur ces négociations. « L’esprit n’est pas tombé sur la tête des distributeurs. Ils sont restés dans l’ancien monde » a-t-elle ajouté.

EGA : où est passée la charte ?

Les partenaires économiques des filières agro-alimentaires ont été réunis le 3 novembre par le ministre de l’Agriculture dans le but de finaliser la charte d’engagement. « Cette charte entend porter la volonté des acteurs de poursuivre le travail constructif qui s’est amorcé dans le cadre des Etats Généraux, notamment dans les négociations commerciales » indique le communiqué du ministère. Bref, la charte devait faciliter l’apparition de l’esprit de la loi dans les négo. Sauf que la charte, qui aurait du être signée la semaine dernière, ne l’est toujours pas. 28 versions, au moins, ont déjà été rédigées. De nombreux acteurs traînent les pieds. A commencer par Michel Edouard Leclerc qui n’est même pas venu à la réunion du 3/11. De son côté, la FNSEA demande des contreparties avant de signer le document, notamment sur le futur projet de loi, et sur le seuil de revente à perte. « Il faut que l’esprit de la loi soit imprimé dans la charte qui doit servir de socle à la loi » a déclaré Thierry Blandinières, directeur général d’In Vivo à la soirée des Echos. Jupiter, ou es tu ?

EGA : les ‘vacances’ forcées de FranceAgriMer

« Surtout ne vous en occupez pas » : c’est en résumé le message que le ministère a fait passer aux agents de FranceAgriMer. Il s’agit bien évidemment de la rédaction des plans de filière que les interpro doivent déposer au plus tard le 10 décembre. Les cadres de FAM sont tout juste autorisés à donner leurs informations statistiques et économiques. Prudents, ils ont quand ressortis de leurs placards les « stratégies filières » rédigées il y a trois ans à la demande de Stéphane Le Foll. Quelques « copier-coller » seront certainement utiles au moment du bouclage de ces plans.