dimanche 23 septembre 2018

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Conte de Noël : Pas de place à l’auberge

Noël 1947, l’Europe commence à se remettre des blessures de la guerre. Des réfugiés et des prêtres allemands tentent de fuir la dictature soviétique. Le Père Werenfried, jeune religieux néerlandais, lance cet appel. C’est la création de l’Aide à l’Eglise en Détresse qui pendant des décennies œuvrera en faveur des chrétiens d’Europe de l’Est. Aujourd’hui l’AED continue sa mission, notamment en Syrie et en Irak. C’est notre ‘conte de Noël’ pour cette année.

« Lors du premier Noël, les chemins menant à Bethléem étaient pleins de monde. Des gens qui se hâtaient vers la ville du roi David afin de s’y faire inscrire pour le recensement ordonné par l’empereur Auguste. Dans la cohue, ils jouaient des coudes pour avancer. Car ils savaient bien que seuls les premiers arrivés auraient une chance de trouver un gîte pour la nuit. Et, comme cela se passe souvent, cela s’est alors passé de la même façon : les riches et les puissants, ceux qui étaient à cheval ou à dos de chameau ou dans un carrosse de luxe, bousculaient les petits sur leur misérable ânes et profitaient des places disponibles dans les auberges. Et pour Marie qui portait Jésus en son sein, il n’y avait plus de place. Les choses n’ont pas beaucoup changé. Il n’y aura jamais de place pour le Christ, aussi longtemps que les hommes penseront trop à eux-mêmes. Mais pensons nous au fait que, dehors, Marie et Joseph errent par milliers en Europe ? Que le Christ pleure sous les traits des pauvres, des sans-abri et des réfugiés, de personnes affamées et assoiffés, des prisonniers et des malades et de tous ceux qu’il a appelés les plus petits d’entre les siens et sous la misère desquels Il cache sa divinité ? Noël approche à nouveau et le Christ demande à être accueilli par les siens. Invisible, Il erre dans nos rues et dans toute l’Europe. L’écriture sainte contient une phrase tragique : ‘Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu’. Pas de place pour Lui à l’auberge, parce que les ‘siens’ manquaient d’amour. Voilà la racine sombre de toutes les guerres et les dévastations. Et nous savons qu’Il est le Prince de la paix, dont toute la Terre souhaite la venue, dont nous avons extrêmement besoin. Restaurons, au nom de Dieu, l’amour est ouvrons-Lui nos portes et nos cœurs. Parce que nous, les hommes, nous sommes tous frères. Tous. Même les pauvres hères qui ont froid dans leurs bunkers. Même les réfugiés et les personnes déracinées. Nous devons créer de la place les uns pour les autres et nous aimer les uns les autres. Non par de belles paroles, mais par l’action. Tous ceux qui sont pauvres, dans n’importe quel sens du terme, sur le Christ. Donnez donc des colis de vêtements et de nourriture pour vos frères en Allemagne et ne leur demandez pas de rembourser la dernière livre de charbon. Réservez une place à votre table pour ceux qui ont faim. Et donnez tout votre amour et toute votre miséricorde, votre pardon et un visage aimable. Tant que nous n’aurons pas fait cela, notre porte et notre cœur resteront fermés pour le Christ. Il n’y aura alors pas de place pour Lui chez-nous ! Faisons donc la paix les uns avec les autres dans nos cœurs, sur les décombres du pays de notre ennemi. Oublions les vieilles querelles. Tendons-nous la main avec douceur et bonté. Restaurons l’amour. Car le petit enfant qui pleure dans la crèche est l’Emmanuel, Dieu avec nous. Et Dieu est amour ».

Werenfried van Straaten