jeudi 18 octobre 2018

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A quoi jouent-ils ?

Enseignes de la distribution, ministres, organisations de consommateurs, relais d’opinion,… ils sont nombreux à souffler le chaud et le froid sur une agriculture française en plein désarroi, en manque de repères. A quelques jours de l’ouverture du salon, les agriculteurs ont besoin d’un cap et non pas d’une cacophonie.

A quoi joue la grande distribution ?

Il y a un coté Dr. Jekyll et M. Hyde chez certaines enseignes. Ainsi Intermarché qui après sa méga promo sur du Nutella, se présente maintenant comme un chevalier blanc en lançant une brique de lait « Les éleveurs vous disent MERCI ! », vendu à 0,88E/l au consommateur avec un retour de 0,44E/l au producteur. Où est la logique ? Où est le projet d’ensemble ? On peut citer Leclerc qui en plein Etats généraux averti sur un risque de retour à l’inflation en France, et qui aujourd’hui assure qu’il sera « le meilleur élève » des EGA. On pourrait multiplier les exemples. Pour une démarche ‘vertueuse’ combien de promos, de prix abusivement bas, de négociations houleuses. Leclerc annonce son arrivée à Paris, et c’est Monoprix qui prépare la riposte. Nul doute qu’elle se fera par les prix.

A quoi jouent les ministres ?

Hulot qui en rajoute avec le loup et la sortie des pesticides. Travert qui a du mal à sortir par le haut du dossier des zones défavorisées simples et qui va au Congrès des éleveurs de bovins (FNB) pour ne rien dire (nous rapporte la presse). Et maintenant Agnès Buzyn. C’est le ministre de la Santé. Elle a déclaré le 7 février sur France 2 : « «L’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence ! On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux. Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre» ». La filière viticole a apprécié. Je ne suis pas certains que tout cela contribue à préparer sereinement la visite d’Emmanuel Macron au salon de l’Agriculture le 24 février.

Et tous les autres, à quoi jouent-ils ?

Balancetonagriculteur est-il en train de devenir un sport national ? ONG, certains médias, associations de consommateurs, français dans la rue ou au bistrot : dire du mal des agriculteurs devient banal. Ce sont des ‘empoisonneurs’ (pesticides), des êtres ‘cruels’ (traitements des animaux), des ‘privilégiés’ (soutiens européens). On les empêche de construire des stabus (de 40 ou de 1000 vaches), de faire du bruit (cloches au cou des animaux),… Tout cela, on le savait. Mais le dernier ‘coup’, il faut reconnaître que personne ne l’avait vu venir. Les agriculteurs sont responsables des inondations ! Je n’ai pas trouvé qui a sorti en premier cette aberration, mais elle a fait florès et a été reprise sans retenue par de nombreux médias. A tel point que la vénérable Académie d’Agriculture de France a jugé bon de prendre la parole : « le problème des inondations en France vient d’abord de la perte de mémoire, du recul des terres agricoles et de la mal-urbanisation (.) les agriculteurs peuvent rendre d’importants services environnementaux en œuvrant à la préservation des terres et en acceptant de noyer volontairement certains champs afin de réduire en aval les impacts des inondations sur les populations urbaines » écrit-elle. Merci à elle. Evidemment, ce document a été très peu repris ! OM