dimanche 24 juin 2018

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TV AGRI
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Nouvelles fraîches : dans les allées du salon

Lagardère gagne à tous les coups

Un grand moment dimanche 25 février matin sur Europe 1. Bruno Donnet fait sa traditionnelle revue de presse qui se transforme en revue de pub puisqu’il dénonce des pages de pubs de Lidl dans l’Obs, de l’UIPP dans le JDD et d’Interfel dans Le Monde. « S’il y a de quoi s’étouffer en dévorant les journaux c’est à cause de la pub qui s’y trouve » annonce-t-il. Le journaliste précise avoir recensé 3 pubs « qui sont d’un cynisme et d’un opportunisme absolument confondant ». Après avoir cité la pub de Lidl dans l’Obs, il s’en prend à celle de l’UIPP (JDD du 25/02). Il explique que l’UIPP est l’association des « marchands de pesticides, ces saloperies dont on sait désormais qu’elles nous rendent malades. Et elle prétend que les pesticides ont permis de ne plus perdre 30 à 40 % des récoltes ». « Un argument que reprend la troisième pub (.) Si je vous l’ai gardée pour la fin, c’est qu’elle est, et de loin la meilleure » poursuit-il. « C’est l’interprofession des fruits et légumes frais qui se l’ai payée. Et elle dit : arrêtons de faire croire que l’on pourrait produire des fruits et légumes pour l’ensemble des français sans aucun recours aux pesticides. Aujourd’hui ce n’est plus possible ». « Tu pousses un peu trop loin Maurice », poursuit-il en évoquant une « gigantesque farce ». Il oublie juste de dire que la pub d’Interfel est également passée dans Le Parisien (samedi 24/02) et dans le JDD (dimanche 25 comme celle de l’UIPP). Et surtout que le JDD appartient au même groupe de presse qu’Europe 1, celui d’Arnaud Lagardère. Résumons : le chroniqueur d’Europe 1 (groupe Lagardère) fait la promo du JDD (groupe Lagardère) en dénonçant les pubs achetées par l’UIPP et Interfel au groupe Lagardère. Bref, à tous les coups, c’est Arnaud qui gagne !

Mercosur : l’agriculture sauvée par les voitures ?

Beaucoup d’observateurs ont été surpris par la fermeté d’Emmanuel Macron sur le Mercosur lors de l’inauguration du salon. Il aurait dit aux représentants de l’interprofession bovine qu’un contingent de 70 000 tonnes d’importations de viandes bovines en provenance de la zone Mercosur était « sa ligne rouge » (Bruxelles serait prêt à accepter 100 000 tonnes). Même fermeté sur la qualité de cette viande. Le président « a affirmé qu’il n’y aurait pas de conditions moins disantes par rapport à la réglementation européenne et que pas une seule tonne de viande ne rentrerait tant que le suivi et le contrôle sanitaire des animaux ainsi que la traçabilité ne seront pas identiques à ce qui est pratiqué dans l’Union européenne. » a déclaré Bruno Dufayet, président de la FNB (La Montagne.fr, 25 février). Il semblerait que la résolution de Macron soit facilitée par un autre aspect de la négociation. Le Brésil, qui est en train de se doter d’une filière automobile, ne voit pas d’un bon œil l’arrivée massive de pièces détachées en provenance de l’Europe. Dans les derniers échanges entre l’UE et le Mercosur, le Brésil accepterait une baisse des droits de douane sur les voitures européennes, à condition qu’une part importante de pièces (80%) soit fabriquées dans le Mercosur. La négociation va être longue.

Dernière minute : les négociations UE/Mercosur sont officiellement suspendues depuis le 2 mars. 

Les évêques au salon : la mission des agriculteurs est « unique et nécessaire »

Comme en 2016, une délégation d’une vingtaine d’évêques a visité le salon le lundi 26 février. « Votre mission est unique et nécessaire » a écrit la Conférence des Evêques de France dans une déclaration aux agriculteurs. « Nous ne pouvons pas nous résigner à un avenir incertain pour l’agriculture. Voilà pourquoi, comme pasteurs de l’Église catholique, nous voulons vous adresser un message de soutien. Nous croyons qu’il est vital que le travail agricole soit reconnu par l’ensemble de la société. Cette reconnaissance doit passer par une juste rémunération de votre travail, ce qui, hélas, n’est pas le cas dans bon nombre de filières » ajoutent-ils. « Face à l’ampleur des défis d’aujourd’hui et à la lumière de la Foi, nous vous redisons notre confiance, notre solidarité et notre soutien. Nous appelons la société entière à œuvrer pour une meilleure reconnaissance de votre travail, de votre mission unique et nécessaire » conclut la déclaration.

Les régions veulent la régionalisation totale du second pilier de la Pac

Hervé Morin, président de Régions de France, a rencontré le président de la République le 24 février, sur le salon. Il a pu mettre en avant les propositions des Régions pour l’agriculture et notamment :

  • la régionalisation totale du second pilier de la PAC ;
  • la fixation des prix agricoles à partir des coûts de production, permettant de garantir un meilleur partage de la valeur ajoutée ;
  • la mise en garde concernant l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, qui met en danger les éleveurs bovins français.

Hervé Morin a pu constater que les différentes organisations professionnelles agricoles étaient conscientes « du rôle majeur des Régions pour soutenir l’investissement, la compétitivité et la performance d’exploitation ». Enfin, il a appelé à la construction d’un ‘benchmarking’ des politiques agricoles régionales afin de permettre aux Régions de s’inspirer des politiques efficaces déjà mises en place.

Plan de 5 milliards : 3 milliards pour l’agriculture

La profession agricole espérait que le Premier ministre ferait des annonces concrètes pendant sa visite du salon, et notamment concernant la répartition du plan de 5milliards d’euros promis dans le cadre des EGA. Ce ne fût pas le cas. Mais Stéphane Travert a donné quelques pistes à la veille de la fermeture du salon (cf. BFMTv.fr du 3 mars) : « Nous avons trois axes pour ces investissements, l’amont, l’aval et le numérique » a déclaré le ministre de l’Agriculture. Trois milliards d’euros seront consacrés à « la transformation de l’amont agricole et forestier ». Un milliard, de ces trois milliards, sera affecté au fond de garantie destiné, en lien avec la BEI, à financer l’installation des jeunes agriculteurs. 100 millions supplémentaires serviront à financer, par le biais de prêts, des projets de méthanisation agricole. Deuxième axe du plan « l’amélioration de la compétitivité de l’aval agricole », avec 1,4 milliard d’euros sous forme de « prêt aux industries agroalimentaires », avec le soutien de la Banque Publique d’Investissement. Troisième axe : « favoriser l’innovation et la structuration des filières agricoles » avec 500 millions d’euros, dont 300 seront consacrés à l’innovation. Résumons : sur 5 milliards, 3 milliards sont fléchés vers l’agriculture, dont 1 milliard pour les JA : reste 2 milliards. Rappelons que la filière fruit demandait 1,2 milliard, et la filière lait 1,3. Ca va être juste !

Fruits et légumes : – 1,9 million d’euros

La filière fruits et légumes n’aura certainement pas le 1,3 milliard d’euros qu’elle espère (lire ci-dessus). Ce qui est certain, c’est qu’elle a déjà perdu 1,9 million. A la veille du salon, les responsables du CTIFL ont reçu un courrier du ministre leur annonçant qu’une partie des fonds Casdar mis en place par Stéphane Le Foll au moment de la modification du financement du centre (remplacement de la TFA par la CVO) ne serait pas reconduite. L’enveloppe initiale de 4 millions d’euros perd donc 1,9 million, soit quasiment la moitié. Bah, ce n’est pas comme s’il y avait besoin de recherche expérimentale pour trouver des alternatives aux pratiques agricoles actuelles.

Le visiteur du soir

Nicolas Hulot ne devait pas venir au salon de l’Agriculture. Ce qui n’embêtait pas trop son collègue au gouvernement Stéphane Travert. « Moi, je suis là et moi, je fais mon boulot en étant là, car je suis le ministre de l’Agriculture. Après, mes collègues, ils font ce qu’ils veulent» avait-il déclaré le 26 février sur le plateau de Public Sénat. Nicolas Hulot est finalement venu, le mardi soir, après la fermeture. Il s’est contenté d’aller dans le hall 4, celui des organisations professionnelles, et de visiter quelques stands. Celui de l’Inra (avec Frédérique Vidal, ministre de la Recherche), de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs… Détail qui a son importance : contrairement à tous les usages, Stéphane Travert n’a pas été prévenu de la visite de Nicolas Hulot, ni de Frédérique Vidal. On vous le répète : l’ambiance est très bonne dans ce gouvernement !

Plus de la moitié du gouvernement au salon

Au moins 17 ministres et secrétaires d’Etat ont visité le salon de l’Agriculture, soit plus de la moitié des 32 membres du Gouvernement Philippe II. Difficile de savoir s’il s’agit d’un record, mais c’est sans aucun doute un signe important. Même Nicolas Hulot est passé en coup de vent (lire ci-dessus). L’une des visites les plus appréciée a été celle de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale.

Le chiffre de la semaine : 672 568

Le salon de l’Agriculture a accueilli 672 568 visiteurs, soit environ 50 000 de plus que l’an dernier. Interrogés par les différents médias, les exposants disent avoir rencontré un public plus nombreux, avoir fait de bonnes affaires, etc. Et si cette bonne nouvelle était le début de quelque chose de positif pour l’agriculture française ?

Ça s’est passé avant le salon :

16 février :

  • lancement de la concertation sur la réforme de la fiscalité agricole ;

19 février :

  • le gouvernement a présenté le plan loup ;

21 février :

  • environ 20 000 agriculteurs ont manifesté, notamment contre le Mercosur, dans toute la France ;

22 février :

  • Emmanuel Macron a reçu quelques 1000 jeunes agriculteurs à l’Elysée ;
  • réunion du comité de suivi des relations commerciales.