jeudi 20 septembre 2018

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Congrès du PS : l’agriculture, presque, oubliée

On ne pas dire que l’agriculture passionne les militants socialistes (enfin ceux qui restent…) à la veille du congrès qui doit désigner, les 7 et 8 avril prochains, le futur Premier secrétaire du PS.

Parmi les 4 candidats, seul Emmanuel Maurel, le moins connu (il est député européen), consacre un chapitre de son texte d’orientation aux questions agricoles. C’est le point 3 de son texte. Il est intitulé « Engager une nouvelle révolution agricole ». « Le modèle agricole actuel n’est pas soutenable et il y a urgence à le changer » écrit-il. Il dénonce le « mythe dépassé » où « l’autosuffisance alimentaire n’est possible qu’au prix de l’agriculture chimique intensive ». Pour contrer « la folie criminelle » qui consiste à « livrer l’agriculture au libre-échange mondial et au marché, c’est-à-dire aux multinationales et à la grande distribution », il propose « une agriculture bio, plus extensive, centrée sur la qualité et donc sur des surfaces plus petites ». « Autant que possible, notre pays doit diminuer les surfaces, multiplier les exploitations, favoriser l’emploi agricole et donc le retour, dans les territoires ruraux, de la masse critique d’humains nécessaire à leur développement » conclut-il. Bon c’est de l’agricolo-gauchisme très classique, mais au moins, Maurel s’empare de la question. Car chez les trois autres candidats, c’est quasiment le zéro pointé sur l’agriculture.

Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et président du groupe PS à l’Assemblée nationale, propose une « transition écologique » qui « doit permettre de faire émerger de nouvelles opportunités économiques ». « Elle doit notamment guider le développement durable des activités maritimes, agricoles, forestières, de la valorisation des bio-ressources, piliers de l’avenir des territoires ruraux, littoraux et ultramarins. Nous avons également besoin d’un nouveau modèle agricole et alimentaire fondé sur la qualité, la proximité, et le lien retrouvé entre producteurs et consommateurs ». On peut dire que le candidat ne s’est pas foulé sur cette question.

Ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane le Foll, député de la Sarthe, fait le service minimum. Il se contente de défendre « la nécessité d’un budget européen favorables aux politiques de solidarités: fonds socio-structurels pour l’emploi et la jeunesse, l’éducation, la lutte contre la pauvreté́, la politique agricole commune, la politique globale de l’énergie, du numérique et la culture ». Peut mieux faire !

Enfin, le bonnet d’âne revient à Luc Carvounas, député du Val-de-Marne. Il ne parle absolument pas d’agriculture. Et comme politique de l’alimentation, il se contente de proposer d’exonérer de TVA « certains produits alimentaires ». C’est un peu court.

Notons par ailleurs quelques titres des « contributions thématiques » déposées avant le congrès : « De nouvelles relations villes / campagnes : d’une politique des lieux à une politique des liens » ; « Donner la priorité à la santé environnementale et la biodiversité » ; « L’avenir des territoires ruraux » ; « Pour l’avenir de la jeunesse et la croissance durable, L’enseignement-formation, la recherche et le développement agricoles ont besoin d’un projet global cohérent » ; « Vers de nouvelles politiques pour l’alimentation et l’agriculture » ; et enfin, notre préférée « la forêt, une vision socialiste ».

Dernier point sur le PS : le parti n’a, à notre connaissance, plus de permanent en charge des questions agricoles. Anne de Hauteclocque, qui assurait cette fonction, a quitté le PS. Selon nos informations, elle aurait rejoint Génération.s, le parti de Benoît Hamon. Au niveau politique, Germinal Peiro, président du Conseil départemental de Dordogne, est secrétaire national à l’agriculture et Dominique Pottier, député de Meurthe-et-Moselle, est secrétaire national à la ruralité. OM