jeudi 18 octobre 2018

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Nouvelles fraîches

Carnet : Décès d’Antoine Sfeir

Directeur des Cahiers de l’Orient, Antoine Sfeir est décédé ce lundi matin à l’âge de 70 ans. Ce journaliste, écrivain et conférencier, était né à Beyrouth en 1948. En 1976, au début de la guerre du Liban, il avait été enlevé et torturé par une milice. Il décide alors de s’installer à Paris où il fonde, quelques années plus tard, en 1986, Les Cahiers de l’Orient. Antoine était un ami depuis le début des années 90. Chaque année, deux fois par an, il acceptait mon invitation à venir, pendant une matinée, expliquer ‘l’orient compliqué avec des mots simples’ aux « stagiaires longue durée » de l’Ifocap. Il était venu également prononcer la conférence d’ouverture d’un des premiers Medfel pour parler de l’Euro-Méditerranée. Il aura consacré sa vie à tisser des liens, à construire des passerelles entre l’Orient et l’Occident, une œuvre plus que jamais utile. Il va manquer. OM

EGA (1) : des sanctions, oui mais…

Les sanctions sont régulièrement mises en avant par le Gouvernement pour répondre aux craintes d’une inefficacité de la loi Egalim sur les négociations commerciales. « Nous contrôlerons et nous sanctionnerons les comportements abusifs » a encore déclaré le Premier ministre le 19 septembre devant les Chambres d’agriculture. C’est vrai, il arrive que des enseignes soient condamnées. C’est le cas de Système U qui a été condamné à rembourser 77 millions d’euros à quatre fournisseurs, Danone, Nestlé, Yoplait et Lavazza pour « fausses coopérations commerciales ». Très bien ! Sauf que, les faits incriminés remontent à 2004. Oui une enseigne peut-être condamnée en France, mais au bout de 14 ans ! Les grands groupes ont les moyens d’attendre, mais les petites PME de l’agro-alimentaire, les coopératives agricoles, les groupements de producteurs ?

EGA (2) : il y aura une étape devant le Conseil constitutionnel

Le Sénat a refusé de débattre du projet de loi Egalim en deuxième lecture. Excédée par l’attitude du Gouvernement (et de l’Assemblée nationale) qui a rejeté systématiquement toutes ses propositions, la Haute Assemblée a préféré adopter la question préalable qui permet de rejeter un texte sans débat. « Dialoguer avec une assemblée sourde n’a aucune efficacité » a indiqué Sophie Primas, sénateur (LR, Yvelines) et président de la commission des affaires économiques. De fait, les sénateurs n’ont pas compris cette rigidité du ministre de l’Agriculture, alors que sur la plupart des textes, certaines positions du Sénat sont prises en compte par le Gouvernement, comme c’est le cas actuellement pour le projet de loi Elan. Le texte va donc être adopté définitivement le 2 octobre par l’Assemblée nationale. Mais son parcours ne sera pas achevé pour autant. Les sénateurs vont saisir le Conseil constitutionnel, et il n’est pas exclu qu’il y ait des surprises !

Assemblée nationale : une « mission d’information » sur la sortie du glyphosate

L’Assemblée nationale a annoncé, le 27 septembre, la création d’une « mission d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate ». Cette décision a tout l’air d’une compensation pour les députés qui n’avaient pu faire inscrire cet objectif de sortie en 3 ans (soit au 1er juillet 2021 au plus tard) dans le projet de loi Egalim. C’est d’ailleurs sur la demande du groupe LREM que cette mission est créée. Les deux co-rapporteurs nommés sont deux députés du groupe majoritaire, Jean-Luc Fugit (Rhône) et Jean-Luc Moreau (Creuse), également rapporteur du projet de loi Egalim. L’objectif est d’évaluer et de contrôler la mise en œuvre du plan d’action de sortie présenté par le Gouvernement en juin 2018 jusqu’à son terme. Elle se propose « d’identifier les impasses techniques et d’aller au plus près des acteurs de terrain » et d’accompagner les agriculteurs dans cette transition. Composée de vingt-cinq députés, cette mission d’information est présidée par Julien Dive (LR, Aisne). Elle commencera ses travaux par l’audition conjointe des ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie.

TO-DE : des députés reçus par Travert

Un groupe de députés doit être reçu ce mercredi par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert pour évoquer les conséquences de la suppression du TO-DE, le mécanisme d’allègement des charges pour les travailleurs saisonniers. La semaine dernière, les filières concernées ont multiplié les actions et interventions. Des rendez-vous ont eu lieu à l’Elysée et au ministère. De son côté, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, et qui avait renforcé le dispositif TO-DE quand il était ministre de l’Agriculture du gouvernement Fillon, se dit prêt à examiner « des dispositifs alternatifs ». « Le Gouvernement aurait-il enfin pris la mesure de l’impact de cette décision qui, à l’échelle de la Ferme France, représente une perte de 144 millions d’euros ? » s’interroge Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France (Direct Légumes, 28 septembre).