mercredi 30 novembre 2022

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Il y a du gaz dans l’eau

Cette histoire du sabotage des gazoducs sous-marins est hallucinante. Ce n’est pas notre propos de savoir par qui et comment la chose a été réalisée. Mais on comprend bien que cette affaire est une nouvelle étape de la guerre énergétique qui est en train de se jouer dans le monde, et singulièrement en Europe.

Une remarque au passage avant d’aller plus loin : il n’a pas (ou alors très très peu et très doucement) été question de pollution. Bon.
Donc on va manquer de gaz en particulier, et d’énergie en général. On l’avait compris. Il faut faire des économies. Ok. La France, avec ses partenaires, cherche de nouvelles ressources : c’est son boulot. Mais c’est aussi son boulot de surveiller le prix des énergies. Et là ça ne fonctionne pas du tout. A l’occasion d’une récente conférence de presse, Interfel a fait le point sur la hausse des prix. C’est simplement vertigineux : X 10 chez un arbo, X 30 chez un serriste. On voudrait bien comprendre pourquoi.
Imaginons un espace économique, l’Europe par exemple, où les Etats décideraient de fixer les prix des produits alimentaires de toute la zone, en prenant comme référence le prix le plus élevé. Il y a de fortes chances, que ce prix soit celui pratiqué en France. Donc, l’ensemble de l’UE achèterait des pommes au prix de la pomme française. Le prix de la côte de bœuf serait calculé à partir d’un bon boeuf limousin Label rouge, d’une poule AOC de Bresse pour les volailles, etc, etc. Je vous entend déjà crier à l’aberration, au non sens économique. C’est pourtant ce qui se passe pour le prix de l’énergie en UE. Le prix de l’électricité, y compris la moins chère à produire, doit se caler sur le prix du gaz le plus cher (c’est ce que j’ai compris en gros). Donc, le propriétaire d’une petite centrale hydraulique privée (il y en a des centaines en France) est obligé de vendre 100 ce qui lui coûte 10 ou 20 à produire. Et ensuite on l’accuse de faire des super profits. Comment n’arrive-on pas à sortir de ce truc de dingue ? L’Espagne et l’Italie ont su le faire. Pourquoi pas nous ? Il paraît que les Allemands ne veulent pas. Mais les Allemands ont par ailleurs une trouille bleue de l’inflation massive (le cauchemar de la brouette de billet pour acheter son pain comme au début des années 20). Mais justement, l’inflation est de retour parce que le prix des énergies s’envole. Si même moi j’ai compris…
OM