Pommes de terre : début de campagne difficile

La campagne 2014/2015 de pommes de terre de conservation s’annonce très difficile « essentiellement à cause d’une offre excédentaire » annonce le syndicat des producteurs. « Le marasme dans lequel se trouve la filière ne doit pas servir de prétexte à l’apparition de pratiques abusives » ajoute l’UNPT qui « dénonce » une situation qui « tend à se développer ». « La campagne pommes de terre de consommation débute dans des conditions compliquées. L’augmentation des surfaces est générale en Europe » reconnaît de son coté le CNIPT. « Et, comme les conditions climatiques ont été très favorables, les rendements sont particulièrement élevés » poursuit l’interprofession. Ainsi, « en France, l’augmentation de la production pourrait être de près de 1 million de tonnes par rapport à 2013 ». Le CNIPT constate que la profession s’inquiète de « la pression excessive sur les prix qui met en péril des entreprises déjà fragilisées. » L’interprofession et les fédérations membres mettent d’ores et déjà en place des mesures pour améliorer la situation : recherche de débouchés exceptionnels  (alimentation animale, aide alimentaire, industrie féculière, maintien des parts de marché à l’étranger, actions de publi‐promotion en France,…). A l’avenir, le CNIPT souhaite s’engager sur la maîtrise des volumes mis en marché : « il faudrait que les surfaces consacrées à la production de pommes de terre se limitent à 105 000 ha » conclut-il.

Bruxelles valide le régime fiscal dérogatoire pour le rhum traditionnel des Dom

La Commission européenne a jugé, le 16 septembre, le régime fiscal appliqué par la France au rhum traditionnel « compatible avec le marché intérieur ». Cette autorisation fait suite à la décision du Conseil du 20 février 2014, permettant à la France d’appliquer, jusqu’au 31 décembre 2020, un taux d’accise réduit sur le rhum « traditionnel » produit dans les départements d’outre-mer pour un contingent de 120 000 hectolitres. Pour George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, cette décision « assure la sauvegarde de la production de rhum et contribue au maintien de la filière canne-sucre- rhum dont l’importance économique et sociale est majeure dans les DOM ». En effet, cette filière représente 40 000 emplois directs et indirects, 23 distilleries et 5 500 exploitations de cannes à sucre. Cette décision offre pour les 6 ans à venir une protection pour les rhums français contre les géants mondiaux (Bacardi,…). Reste à savoir si cette période doit être utilisée pour s’adapter, ou pour négocier une nouvelle protection…

Pesticides : l’interdiction de l’épandage aérien au JO

Le Journal officiel du 19 septembre publie l’arrêté mettant fin à l’épandage aérien de pesticides. L’arrêt des dérogations est immédiat pour les cultures de maïs ainsi que pour la culture des bananes dans les Antilles. Le traitement aérien de la vigne et des rizières sera également interdit à partir du 31 décembre 2015, » les traitements réalisés d’ici là ne pouvant être autorisés que dans les très rares cas où aucune alternative n’est envisageable » indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.

Morlaix (1) : et maintenant ?

La manifestation des légumiers vendredi soir à Morlaix a été vivement condamnée par le gouvernement. « Rien ne justifie le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux » a indiqué le Premier ministre Manuel Valls. Stéphane Le Foll « condamne avec la plus grande fermeté les exactions intervenues » les évènements de vendredi soir. Il en appelle au « dialogue » avec la profession et précise qu’il recevra cette semaine d’une part Jean-François Jacob, président de la Sica Saint Pol , et d’autre part les représentants de la filière fruits et légumes (Légumes de France, FNPF, FNSEA,…). Ces deux rendez-vous, qui auront lieu respectivement mercredi et vendredi, étaient programmés avant la manifestation de Morlaix. Pour les organisations agricoles, le ton est plutôt à la compréhension. Pour Xavier Beulin, il s’agit d’une « action d’une violence certaine qui traduit malheureusement une exaspération, une détresse très forte dans le monde agricole aujourd’hui ». De son côté, Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère assume : « Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait » a déclaré celui qui est aussi porte-parole des Bonnets rouges.

Morlaix (2) : embargo russe, 23 centimes par producteurs

Président de la Sica Saint Pol, Jean-François Jacob a accordé une interview à Libération.fr (21 septembre). Extraits : « On sentait depuis un moment monter l’exaspération et la colère des producteurs. On a tiré plusieurs fois la sonnette d’alarme mais rien n’y a fait. (.) Pour notre seul groupement (1 500 producteurs), les légumiers ont perdu sur une année 25% de leur chiffre d’affaires. » Sur les aides débloquées pour compenser l’embargo russe : « Après le déblocage d’une première enveloppe, nous avons reçu à la Sica un chèque de 353 euros, soit 23 centimes par producteur ! »