Baisse de la consommation, augmentation des contraintes : la filière légumes transformés fait face à une chute de ses surfaces de production. Au risque de menacer l’outil industriel.

La consommation des légumes en conserve a baissé de 7% en 10 ans, celle des légumes surgelés de 2 %. Ce qui se traduit par une baisse des surfaces de 4 % sur10 ans (69 500 hectares en 2014). Et cette baisse va s’accentuer en 2015 : selon les premières estimations, les surfaces en production sont annoncées en recul de 15 %. « Nos productions qui totalisaient plus de 70 000 ha dans les années 2000, vont passer sous la barre des 60 000 ha en 2014, surface la plus faible depuis 30 ans. Cette chute des emblavements est due à 3 facteurs principaux : une bonne campagne 2014, l’augmentation des rendements et la baisse de la consommation » indique Luc Desbuquois, président du Cenaldi. Conséquence : « le risque de fermeture d’outils industriels, si la baisse de la production continue » ajoute-t-il. « Le marché national est mature, la consommation stagne voire baisse année après année. Les industriels sont contraints de s’adapter, d’innover, complète Philippe Le Masle, président du groupe légume de la Fiac. Exportateurs historiques, nos positions se dégradent. L’industrie française doit être plus compétitive, malgré toutes les contraintes qu’on lui impose ». Et de donner pour exemple l’interdiction récente du Bisphénol A dans les boîtes de conserve. « « Pour pouvoir exporter, il faut pouvoir être compétitif » renchérit-il. Et Jean-Bernard Bonduelle, qui laissait la présidence de l’Unilet à l’issue de l’AG, de confirmer : « nos besoins en protection sont pris en étau entre la réglementation française, la plus stricte du monde et des firmes phytosanitaires qui se désintéressent de notre petit secteur ». Conseiller au cabinet de Stéphane Le Foll, Sébastien Couderc a tenté de mettre en avant les efforts de simplification engagés par son ministère. Sans convaincre vraiment son auditoire.

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