mardi 22 octobre 2019

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Banane : la révolution française

Et si la plus importante évolution du rayon fruits et légumes était opérée par les planteurs de bananes antillais ? En lançant la vente à la pièce, l’UGPBAN propose une vraie rupture dans la distribution des fruits en grande surface.

La banane est, après la pomme, le deuxième fruit le plus consommé en France. C’est aussi peut-être le fruit le plus banalisé et le plus mal traité en rayon. Un rayon qui manque de clarté, de visibilité et d’attractivité. La banane est aussi trop souvent utilisée comme un produit d’appel. Par ailleurs, c’est aussi l’un des fruits qui subit le plus fort taux de casse en rayon. Enfin, l’origine de la banane n’est pas souvent clairement identifiée. C’est fort de ces constats que l’UGPBAN a mis en place en 2014 un groupe de travail sur la « francité ». Les participants à ce groupe se réunissent autour de Jean-Claude Marraud des Grottes, planteur en Martinique. « Nous sommes en avril-mai 2014, se souvient-il. La guerre des prix entre les enseignes fait rage. Notre banane est bradée, y compris la prémium. Et pendant ce temps, nos charges augmentent ». D’où l’axe de travail retenu : « trouver une meilleure identification à la banane antillaise, afin d’obtenir une meilleure rémunération ». C’est ainsi qu’est née la banane française. Mettre du bleu blanc rouge sur les produits est à la mode aujourd’hui. Mais les Antillais vont plus loin. Le concept de la banane française repose bien entendu sur la mise en évidence de l’origine grâce à un ruban tricolore. Mais l’idée qui va révolutionner le rayon f&l est ailleurs : vendre la banane à la pièce, en bouquets de 3,4,5, ou 6 fruits et supprimer ainsi toute référence au kilo. Le ruban est équipé d’un code barre permettant d’indiquer le prix au moment du passage en caisse. Plus de pesée, plus de casse en rayon. Le projet envisage même de pouvoir avoir un prix stable toute l’année : 0,40 centimes la banane, soit 1,2 euro le bouquet de 3, etc… Pour réaliser ce projet, une chaîne de conditionnement spécifique a été installée à Dunkerque. Le concept a été testé dans 500 magasins dans 5 enseignes Leclerc, Intermarché, Cora, Système U, Casino. Deux nouvelles chaînes de conditionnement devraient être installées, la première au printemps 2016, la deuxième, fin 2016 début 2017. L’objectif est de pouvoir servir 4 000 hyper et super d’ici mi-2017 et de distribuer 10% de la banane antillaise sous la bannière tricolore.