Ca commence à s’énerver | Lundi 1 février 2016

Clash au Sommet du végétal, énervement du ministre contre des journalistes, la crise agricole, qui s’ajoute à une crise politique, affecte doublement Stéphane Le Foll qui est en première ligne à la fois comme ministre de l’Agriculture et comme porte-parole du Gouvernement. La perspective prochaine d’un remaniement n’apaise pas un climat déjà tendu.

La semaine dernière a été marquée par une forte mobilisation des agriculteurs en Bretagne, dans l’Ouest, dans le Massif central, dans le Sud-Ouest. Sur les barrages bretons, les producteurs s’adressaient directement au Premier ministre, comme s’ils ne considéraient plus le ministre de l’Agriculture comme un interlocuteur valable. Les Bretons misent également sur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, très proche de François Hollande et qui a obtenu de pouvoir cumuler sa fonction ministérielle avec la présidence du Conseil régional de Bretagne. Cette situation va au passage donner l’occasion d’un baptême politique mouvementé pour Olivier Allain, président (démissionnaire) de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor et nouveau vice-président en charge de l’Agriculture au CR. La mobilisation ne va pas en rester là. La FDSEA de la Manche, par exemple, devait annoncer lundi les « cibles » des actions envisagées pour mardi 2 février. A Agen (lire aussi Nouvelles fraîches), Luc Barbier, président de la FNPF assumait le fait de ne pas avoir invité le ministre de l’Agriculture a son congrès. « J’attends de mon ministre non pas des déclarations d’amour, mais des preuves d’amour » déclarait-il. A Arras, Arnaud Delacour, président de l’UNPT dénonçait un « ministre inexistant ».. Mais c’est au Sommet du végétal, le 28 janvier à Reims, que le clash le plus important a eu lieu. « Monsieur le ministre, vous insultez les coopératives ! » écrit Coop de France dans un communiqué. La fédération des coopératives agricoles n’est pas connue pour son goût pour l’affrontement. Mais à Reims, « le ministre les a clairement accusées de jouer contre l’intérêt des agriculteurs en les poussant à augmenter leur facture de produits phytosanitaires au détriment de leurs revenus et de la défense de l’environnement » estime Coop de France. Son président, Michel Prugue a demandé un rendez-vous en urgence avec Stéphane Le Foll. Signe que l’énervement est en train de le gagner ? Stéphane Le Foll s’en est pris aux journalistes de BFMTV comme on a pu le voir dans un reportage diffusé par le magazine le Supplément sur Canal+, dimanche 31 janvier. Le ministre reproche à la chaîne de ne pas avoir montrée des images de son passage à Laval. « Je ne suis pas n’importe qui, je ne suis pas le syndicaliste du coin » dit Stéphane Le Foll à son interlocuteur. Mais, pas de bol, Europe1, lundi matin a retrouvé le reportage en question. Et les propos du ministre ont bien été diffusés. Bref, le climat est lourd et tendu. Certes, le départ de Christiane Taubira rend la perspective d’un remaniement moins urgente. Mais Sylvia Pinel (Logement) souhaite se consacrer à plein temps à son mandat de vice-président de la région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées. Et Laurent Fabius est annoncé au Conseil Constitutionnel. Dans ce climat, et dans la perspective d’une modification de l’équipe gouvernementale, Stéphane le Foll peut-il rester à l’Agriculture ? S’il quitte la rue de Varenne, qui pourrait le remplacer ? Beaucoup de responsables professionnels ne jurent désormais que part Didier Guillaume, président du groupe PS au Sénat. Mais ce sont a peu près les mêmes qui en 2012 avaient fait de Stéphane le Foll leur favori…

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