Nouvelles fraîches | Dimanche 14 février 2016

Ségolène Royal accélère sur les pesticides

A peine confirmée à son poste de ministre de l’Environnement, Ségolène Royal a publié le 12 février deux communiqués qui risque de faire du bruit dans ce contexte de crise agricole. Dans le premier, le ministre évoque la remise d’un rapport de l’Anses sur le glyphosate (la molécule du Round-Up). « L’Anses précise que les informations disponibles sur les risques du glyphosate seul ne justifient pas, à ce stade, un classement cancérogène probable » écrit le ministère. Mais ajoute le communiqué « le mélange du glyphosate avec certains co-formulants, notamment des co-formulants de la famille des tallowamines, peut présenter des risques particuliers pour les utilisateurs du grand public ou du monde agricole ». Dès lors, le ministre demande à l’Anses « de ré-examiner immédiatement l’ensemble des préparations de glyphosate contenant ces co-formulants et l’invite à retirer d’ici la fin du mois de mars les autorisations de mise sur le marché des préparations phytopharmaceutiques contenant ces co-formulants présentant des risques préoccupants ». Le second communiqué est plus direct. Le ministre annonce avoir envoyé, le 3 février, une instruction aux préfets. Ségolène Royal leur demande « de prescrire des mesures de protection des populations lors des épandages de produits phytosanitaires ; de fixer, à proximité des lieux recevant ou hébergeant des personnes vulnérables (enfants, personnes malades, personnes âgées), des distances minimales adaptées en deçà desquelles il est interdit d’utiliser ces produits ; d’engager des plans de contrôles ciblés dès le second trimestre 2016, période où la fréquence des épandages de produits phytopharmaceutiques est la plus forte ». Ca va faire plaisir dans les campagnes.

Crise agricole : la pression est sur la distribution

Deux rendez-vous dans la semaine. Lundi 8, Manuel Valls recevait, avec Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll les représentants de la grande distribution à propos de la crise agricole. La grande distribution représente “des débouchés essentiels pour les produits agricoles et agroalimentaires, et donc pour les éleveurs français qui traversent une crise grave exceptionnelle, notamment par sa durée”, a expliqué le Premier ministre à l’issue de la réunion selon le communiqué officiel de Matignon. Ce rendez-vous avait pour but de mobiliser les dirigeants du secteur de la grande distribution, de leur demander de prendre leurs responsabilités, “même s’ils ne sont pas responsables de cette crise agricole. Il est hors de question pour nous de désigner je ne sais quel bouc émissaire”, a précisé Manuel Valls. Ce jour là, le Premier ministre ciblait plutôt Bruxelles. Changement de ton vendredi 12 en fin d’après-midi. Une réunion « sur les relations commerciales au sein des filières agricoles et agroalimentaires », semble-t-il programmée au dernier moment, est organisée au ministère de l’Agriculture en présence de Stéphane Le Foll et d’Emmanuel Macron. A l’occasion du point presse qui suit  ce rendez-vous, les deux ministres mettent la pression sur les enseignes en faisant référence aux négociations commerciales en cours. « Au vu de la situation particulièrement grave dans laquelle se trouvent les éleveurs français, les ministres ont indiqué très clairement aux entreprises de la distribution et de la transformation qu’il n’était pas acceptable que les négociations commerciales conduisent en 2016 à des baisses de prix pour les filières en difficulté, en particulier pour les produits laitiers, alors même que la majorité de nos concitoyens se déclare prête à les soutenir à travers leurs actes de consommation » peu-on lire dans la déclaration commune. Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll rappellent que la DGCCRF a été saisie (cf. notre Blog du 8 février), que toute pratique abusive sera immédiatement sanctionnée et que la législation prévoit désormais la possibilité d’amendes allant jusqu’à 5% du chiffre d’affaires des entreprises concernées. Hasard ou coïncidence…, le même jour, un communiqué de la DGCCRF annonce que la direction de la concurrence « renforce son action de contrôle dans un contexte de tensions des relations commerciales » en précisant qu’une perquisition avait été effectuée dans les locaux d’une enseigne le 9 février. Pendant le week-end, on apprenait qu’il s’agissait de Carrefour. « Le fait pour une enseigne de la grande distribution d’imposer à ses fournisseurs une obligation incontournable à l’ouverture des négociations commerciales constitue une pratique abusive ».  Macron et Le Foll ont par ailleurs annoncé qu’ils lançaient un audit sur l’impact de la loi de modernisation de l’économie sur les filières lait et viandes et qu’ils n’hésiteraient pas à durcir la législation, si cela était nécessaire. Un « véhicule législatif » est déjà trouvé : la loi Sapin II, un « projet de loi relatif à la lutte contre la corruption et la transparence de la vie économique ». A part ça, selon Manuel Valls « il est hors de question pour nous de désigner je ne sais quel bouc émissaire » !

Cairanne, nouveau cru des Côtes du Rhône

Apparue en 1953, l’appellation Cairanne va accéder en 2016 à l’appellation communale. Le dossier d’accession en Appellation Locale Cairanne avait été déposée en 2008 auprès de l’Inao. L’Institut national des appellations d’origine a validé cette évolution le 10 février, l’appellation sera officialisée par un décret qui doit paraître dans les prochaines semaines. 2015 sera le premier millésime pouvant être commercialisé en « Cairanne, cru des Côtes du Rhône ». Cairanne produit près de 30 000 hl de vins par an (29 422 hl – moyenne 2011-2013) sur 956 ha au cœur du haut Vaucluse. Cairanne devient ainsi le 17ème cru des Côtes du Rhône. Il rejoint Côte-Rôtie, Condrieu, Château-Grillet, Saint-Joseph, Crozes-Hermitage, Hermitage, Cornas, Saint-Péray, Vinsobres, Rasteau, Gigondas, Vacqueyras, Beaumes-de-Venise, Câteauneuf-du-Pape, Lirac et Tavel.

Sia : Hollande à la rencontre des 4 saisons

A l’occasion de sa visite du salon de l’Agriculture, prévue le 27 février, à son retour d’un voyage en Amérique latine, François Hollande devrait rencontrer Marc Dorel, fondateur du site marchandsdes4saisons.fr. Ce dernier souhaite remettre au président de la République un rapport qui propose de faire évoluer la loi en lien avec l’alimentation et la distribution afin de permettre aux citoyens d’avoir plus facilement accès à de meilleurs produits et aux agriculteurs de percevoir une rémunération équitable.

Energie : stabilité de la consommation agricole

La consommation d’énergie dans l’agriculture est en 2014 de 4,7 Mtep*, en stagnation par rapport à 2013, indique le Commissariat au développement durable. Elle représente 3 % de la consommation énergétique nationale. Le mix énergétique est toujours dominé par les produits pétroliers, qui représentent 74 % de la consommation agricole en 2014. Le gaz ne représente que 7 % du total des consommations, mais c’est l’énergie qui s’est le plus développée dans l’agriculture depuis 1980. Les énergies renouvelables demeurent marginales : seulement 3 % des consommations en 2014.

* : million de tonnes équivalent pétrole

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