Un salon sous tension | Lundi 22 février 2016

Le salon de l’Agriculture ouvre ses portes ce samedi dans un climat de crise rarement connu. Les annonces, qui vont dans le bon sens, sur la baisse des charges, n’ont pas suffit à calmer les agriculteurs. Reste à savoir de quelles manières ils vont se servir du salon pour exprimer leur colère.

S’il y avait un doute sur la détermination intacte des agriculteurs en colère, les manifestations de dimanche soir ont démontré le contraire. Dans la Sarthe et en Bretagne, des JA se sont rendus aux domiciles de Stéphane le Foll et de Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense et président du Conseil régional de Bretagne. Si les forces de l’ordre ont empêché l’accès à la résidence du second, le ministre de l’Agriculture a accepté de discuter avec les manifestants dans son jardin. Certes, la méthode retenue par ces manifestants n’est pas à encourager (en démocratie, le domicile privé des hommes politiques doit être préservé), mais cela en dit long sur l’état d’esprit et la capacité de mobilisation. Les manifestants veulent du concret, et les décisions tardent à venir. Si le dossier des allègements des charges a enfin été traité (après 10 mois de manifestations) mercredi dernier par le Premier ministre, le conseil agricole du 15 février s’est contenté de renvoyer les discussions au conseil du mois suivant (le 14 mars) ! Quant aux négociations commerciales (qui doivent se terminer le 29 février, troisième jour du salon), tout indique que malgré l’engagement réel de Bercy (cf. notre Blog du 15 février), elles continuent d’être très dures. RTL (22 février) a diffusé le témoignage anonyme d’un patron d’une PME de l’agroalimentaire. Extraits : « Tout peut arriver, les convocations le matin à 7h30 dans un box soit surchauffé, soit glacial, avec dans un premier temps des heures d’attentes, ensuite 15 personnes qui débarquent qui hurlent qui insultent. “t’es un c., t’es un c…d., tu vend un produit de m. Comment veux-tu que l’on continu à acheter ta s.”. C’est un climat de garde à vue pour des prix pour le distributeur, meilleurs que si il n’y avait pas eu cette pression proche de l’agression physique. On est dans du harcèlement moral, c’est la norme de la relation ». Ambiance… Les enseignes seront par ailleurs moins nombreuses cette année au salon. Nous avons relevé la présence d’Auchan (qui présentera les 10 « filières responsables engagées » et qui célèbrera ses 20 ans de partenariat avec la SA4R sur le veau d’Aveyron et du Ségala) et de Lidl qui sera sur le SIA pour la deuxième année consécutive. Bref, le climat de ce SIA 2016 pourrait être tendu. C’est François Hollande qui essuiera les plâtres. Le président de la République doit inaugurer le salon samedi matin à son retour de son long voyage dans le Pacifique et en Amérique Latine. Quant aux ministres, selon Le Parisien (21 février), ils ne se « pressent pas » pour annoncer leur visite. En plus de Hollande, le quotidien n’inddique que la venue de Stéphane Le Foll, Alain Vidalies (Pêche) et Martine Pinville (Consommation). Sans prendre trop de risques, on peut ajouter que George Pau-Langevin (Outre-mer) ne manquera pas ce déplacement. De même que Jean-Michel Baylet, qui vient d’être nommé ministre de la Ruralité. Son absence serait anormale. Il serait aussi étonnant que Jean-Yves le Drian (Défense et président du CR Bretagne) ne visite pas les stands de sa région. Ségolène Royal (Environnement) a annoncé sa venue dimanche (21 février) sur Canal+. Les élus, de la majorité et de l’opposition, devraient être aussi nombreux. Ils auront reçu un questionnaire de la FNSEA sur la situation de l’agriculture. Leurs réponses sont attendues.

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