Stéphane Le Foll prépare sa sortie | Lundi 30 janvier 2017

Mardi 24 janvier, c’était la soirée des vœux du ministre de l’Agriculture aux parlementaires et à la presse. Il a, énergiquement, défendu son bilan et celui du quinquennat. Stéphane Le Foll quittera la rue de Varenne en mai prochain avec le record absolu de présence au ministère de l’Agriculture. Un record qui n’est pas près de tomber.

Les parlementaires de la majorité sortante étaient venus nombreux (plus que d’habitude ?) à cette cérémonie des vœux. Il y avait beaucoup de chapelles de la gauche de gouvernement : des soutiens de Manuel Valls (Germinal Peiro), d’Arnaud Montebourg (Henri Cabanel), et même des anciens communistes (le sénateur Robert Hue). Tous ont chaleureusement et longuement applaudi le ministre. Dans son discours, Stéphane Le Foll a tenu à rappeler l’ensemble des lois portées ou soutenues par son ministère. Il a défendu sa méthode, basée sur le dialogue, plutôt que sur la confrontation. Il s’est appuyé pour cela sur quelques exemples comme l’épisode de la vente d’antibiotiques par les vétérinaires ruraux, en oubliant de rappeler qu’avant de trouver une solution, il y a eu une grande manifestation parisienne ! Mais ce qu’il faut retenir de son intervention, c’est l’énergie avec laquelle il a défendu son bilan, et celui du quinquennat. Stéphane Le Foll restera le premier et le dernier des Hollandais. Et, commentaire personnel, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il ce serait passé si au moins 1/3 des ministres avait défendu le bilan avec la même énergie… Stéphane Le Foll n’a pas oublié de tacler les frondeurs, et notamment Benoit Hamon (c’était avant le second tour de la primaire de la gauche) avec son projet de revenu universel. Et puis, chose rare, Stéphane Le Foll est resté plusieurs dizaines de minutes à discuter à bâtons rompus avec les journalistes. Il a confirmé qu’il serait candidat aux élections législatives dans la Sarthe. Sur son plus mauvais souvenir, en 5 ans passés à l’Agriculture, il cite le salon de l’agriculture 2016 avec la visite très chahutée du président de la République et le démontage du stand du ministère. Il fait d’ailleurs le lien entre ce premier jour conflictuel et la baisse de fréquentations du SIA 2016. Autre confidence concernant le cumul, depuis avril 2014, du portefeuille de l’Agriculture et du porte-parolat. Il reconnaît que cela a été mal perçu par les agriculteurs, mais il estime que cela lui a donné plus de poids, notamment dans les médias où « c’est difficile de parler de sujets comme l’agro-écologie ». Autre info  (c’est plutôt une confirmation) : Stéphane Le Foll était prêt à quitter la rue de Varenne en janvier 2016 pour devenir ministre du Travail. Ce qui transpire de ce long échange entre un ministre et des journalistes, c’est un Stéphane Le Foll désabusé, qui, pour la première fois, au moins depuis 2007, n’a aucun rôle à jouer dans une campagne électorale, qui plus est pour une élection présidentielle. Et ce n’est pas la qualification de Benoît Hamon qui va le motiver !

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